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Ce serait une grande victoire pour l’administration Trump: le sud-coréen SK Hynix discute avec Intel d'un accord pour fabriquer pour la première fois des puces mémoire sur le sol américain

Economie · · Par Julie MOREAU

Ce serait une grande victoire pour l’administration Trump: le sud-coréen SK Hynix discute avec Intel d'un accord pour fabriquer pour la première fois des puces mémoire sur le sol américain

## SK Hynix et Intel : vers une première production de puces mémoire sur le sol américain Selon des informations rapportées par Reuters et relayées par BFM Busi

## SK Hynix et Intel : vers une première production de puces mémoire sur le sol américain Selon des informations rapportées par Reuters et relayées par BFM Business, le groupe sud-coréen SK Hynix serait engagé dans des discussions avancées avec Intel en vue de fabriquer, pour la première fois, des puces mémoire sur le territoire américain. Trois personnes au fait des échanges ont confirmé ces pourparlers à l'agence de presse, précisant qu'aucune décision n'a encore été arrêtée. Un tel accord constituerait un signal fort pour la politique industrielle américaine, qui cherche à relocaliser la production de semi-conducteurs. ## Deux scénarios à l'étude Deux pistes principales seraient actuellement examinées, selon les sources citées par Reuters. La première consisterait, pour SK Hynix, à louer une partie de l'usine de fabrication de puces qu'Intel prévoit de construire dans l'Ohio. Cette option permettrait au groupe sud-coréen de s'implanter rapidement sur le sol américain sans supporter l'intégralité des coûts d'une nouvelle infrastructure. La seconde hypothèse envisagerait la création d'une coentreprise réunissant Intel, SK Hynix et de grandes sociétés de cloud computing désireuses de sécuriser leur approvisionnement en puces mémoire. Deux sources ont confirmé l'existence de cette seconde option, sans préciser quels acteurs du cloud seraient concernés. ## Un soulagement potentiel pour Intel L'opération représenterait un ballon d'oxygène pour Intel, qui traverse une période délicate. Le fabricant américain, historiquement leader du secteur, peine à maintenir sa position face à la concurrence asiatique et à financer ses ambitions industrielles. La location d'une partie de son site de l'Ohio, ou la mutualisation des investissements via une coentreprise, allégerait significativement la pression financière qui pèse sur le groupe. Pour l'administration américaine, qui multiplie les incitations pour attirer les fabricants de semi-conducteurs sur son territoire, l'arrivée de SK Hynix constituerait une victoire symbolique de premier plan. ## L'opposition de Séoul en embuscade Un obstacle majeur demeure toutefois : l'éventuelle opposition du gouvernement sud-coréen. Séoul pourrait voir d'un mauvais œil le transfert d'une partie de ses capacités stratégiques de production vers les États-Unis, alors que les puces mémoire constituent un secteur hautement sensible pour son économie. Une source a qualifié les discussions de "préliminaires", soulignant qu'aucune décision n'était prise et que SK Hynix pourrait explorer d'autres modalités de structuration. ## Un enjeu industriel et géopolitique Reuters n'a pas été en mesure de déterminer quels types de puces SK Hynix pourrait fabriquer dans l'Ohio en cas d'accord. La gamme du groupe comprend des puces DRAM, utilisées dans les serveurs, les PC et les smartphones, ainsi que des puces de mémoire flash NAND, dédiées au stockage à long terme. SK Hynix est également le premier fournisseur mondial de mémoire à bande passante élevée (HBM), composant essentiel des unités de traitement dédiées à l'intelligence artificielle. Cette position dominante sur un segment en pleine expansion explique l'intérêt stratégique que représenterait son implantation aux États-Unis, tant pour Washington que pour les acteurs du cloud. L'issue des discussions reste incertaine, entre contraintes diplomatiques sud-coréennes et impératifs industriels américains. Le dossier illustre la recomposition en cours des chaînes d'approvisionnement mondiales de semi-conducteurs, où chaque implantation devient un enjeu de souveraineté autant qu'un calcul économique.