Ce sera bien au-dessus de la cible initiale: Bercy estime que le déficit public atteindra 5,4% du PIB en 2026

Le déficit public français devrait atteindre 5,4 % du PIB en 2026, au-dessus de la cible gouvernementale Bercy a reconnu que le déficit public de la France s'ét
Le déficit public français devrait atteindre 5,4 % du PIB en 2026, au-dessus de la cible gouvernementale
Bercy a reconnu que le déficit public de la France s'établira finalement à 5,4 % du PIB en 2026, un niveau nettement supérieur à l'objectif de 5 % initialement inscrit dans la loi de finances. Cette révision, révélée par BFM Business, illustre l'écart grandissant entre les prévisions budgétaires et la réalité économique d'un pays confronté à une succession de chocs extérieurs.
Un dérapage de 0,4 point attribué aux « aléas macroéconomiques »
Le ministère de l'Économie explique cet écart par ce qu'il qualifie d'« aléas macroéconomiques » ayant pesé sur la croissance et, par ricochet, sur les recettes fiscales. Selon Bercy, 0,3 point de ce dérapage découle directement des « chocs successifs » — au premier rang desquels la guerre au Moyen-Orient et les sécheresses à répétition — qui ont freiné l'activité économique. Le retour de l'inflation et la remontée des taux d'intérêt expliqueraient, pour leur part, 0,1 point supplémentaire de la dégradation.
Le ministère tempère toutefois la portée de cette révision, en soulignant qu'elle intervient dans « un contexte de forte maîtrise de la dépense tout au long de l'année ». Autrement dit, sans cet effort de contrôle des dépenses, l'écart aurait pu être plus important encore. Cette communication vise manifestement à rassurer sur la trajectoire budgétaire, alors que la crédibilité de la France vis-à-vis de ses partenaires européens et des marchés reste un enjeu central.
Lecornu et Lescure avaient prévenu
Cette révision ne constitue pas une surprise totale. Dans une interview accordée au Figaro sur son projet budgétaire, Sébastien Lecornu avait déjà prévenu que « la guerre en Iran et la sécheresse feront hélas que nous ne serons pas à 5 % en 2026, comme cela était prévu par le budget voté ». Le Premier ministre avait alors indiqué poursuivre « le serrage cette année pour bien rester en dessous des 5,5 % ».
Quelques jours plus tôt, le ministre de l'Économie Roland Lescure avait lui aussi reconnu que la cible de 5 % n'était « plus une option », au vu de perspectives de croissance plus moroses que prévu. Ces déclarations successives dessinent une trajectoire budgétaire sous tension, où l'exécutif doit composer avec des recettes moindres tout en tentant de contenir la dépense publique.
Cap sur 2027 avec un effort de 54 milliards d'euros
Pour corriger la trajectoire, Sébastien Lecornu a annoncé viser un effort conséquent de 54 milliards d'euros dans le budget 2027, afin de ramener le déficit à 4,8 % du PIB hors nouvelles dépenses militaires, et à 5 % en les intégrant. Bercy précise toutefois que cette somme ne signifie pas une baisse effective des dépenses de 54 milliards par rapport à 2025, mais qu'elles devraient être inférieures de 54 milliards à ce qu'elles auraient été en l'absence de mesures correctrices.
Cette nuance est essentielle : de nombreuses dépenses augmentent automatiquement chaque année, notamment sous l'effet de la démographie, de l'inflation ou des engagements pluriannuels. L'effort annoncé consiste donc largement à freiner cette dynamique spontanée plutôt qu'à réduire les budgets en valeur absolue. C'est un point que l'exécutif devra expliquer clairement pour éviter les malentendus sur la portée réelle de son plan d'économies.
Un enjeu de crédibilité budgétaire
Avec un déficit attendu à 5,1 % en 2025 puis 5,4 % en 2026, la France reste loin des 3 % exigés par le pacte de stabilité européen. Cette situation nourrit les interrogations sur la soutenabilité des finances publiques et sur la capacité du gouvernement à tenir une trajectoire crédible. La réussite du budget 2027, et l'effort de 54 milliards d'euros qu'il suppose, constituera un test décisif pour la crédibilité budgétaire française.