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Ce rapprochement rend fou Donald Trump: alors qu’un Canadien sur deux voudrait adhérer à l’UE, Bruxelles imagine un statut sur mesure pour Ottawa qui laisse l’Europe perplexe

Economie · · Par Julie MOREAU

Ce rapprochement rend fou Donald Trump: alors qu’un Canadien sur deux voudrait adhérer à l’UE, Bruxelles imagine un statut sur mesure pour Ottawa qui laisse l’Europe perplexe

## Un statut « sur mesure » pour le Canada qui divise Bruxelles L’idée d’un statut d’« associé » pour le Canada, avancée par la présidente de la Commission euro

## Un statut « sur mesure » pour le Canada qui divise Bruxelles L’idée d’un statut d’« associé » pour le Canada, avancée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, suscite autant d’intérêt que de perplexité. Selon le média Politico, plusieurs États membres n’auraient pas été prévenus avant l’annonce, ce qui a créé une certaine confusion au sein de l’Union. La proposition, formulée lors du discours sur l’état de l’Union en présence du Premier ministre canadien Mark Carney, vise à élever les relations entre Ottawa et Bruxelles « au plus haut niveau possible ». ## Un contexte de tensions commerciales avec Washington Le rapprochement entre l’Union européenne et le Canada s’inscrit dans un contexte de guerre commerciale avec les États-Unis. Le Canada, engagé dans un conflit tarifaire avec l’administration de Donald Trump, cherche de nouveaux partenaires économiques. L’Europe, dont les relations avec Washington sont également tendues, cherche à équilibrer sa position entre la Chine et les États-Unis. Ursula von der Leyen a évoqué des collaborations possibles dans l’intelligence artificielle, les minéraux critiques et l’énergie. Le président américain a réagi vivement, qualifiant le projet de « ridicule » dans la nuit de mercredi à jeudi, et a prévenu que cela pourrait avoir des conséquences. ## Un soutien populaire réel au Canada Au Canada, l’idée d’un rapprochement avec l’Europe bénéficie d’un large soutien. Selon un sondage Abacus Data réalisé début septembre, 80 % des Canadiens se déclarent favorables à une coopération plus étroite avec l’UE dans les domaines économique, diplomatique et militaire, soit six points de plus qu’en février. Près d’un Canadien sur deux (49 %) soutiendrait même une adhésion complète à l’Union européenne. Ce chiffre illustre une évolution notable de l’opinion publique canadienne, traditionnellement tournée vers les États-Unis. ## Des obstacles institutionnels majeurs Malgré cet enthousiasme, le projet se heurte à des réalités institutionnelles. Dix pays européens, dont la France, n’ont toujours pas ratifié l’accord de libre-échange avec le Canada, signé il y a dix ans. Plusieurs observateurs appellent donc à davantage de réalisme avant de s’engager vers un nouveau statut. La création d’un statut d’« associé » nécessiterait une procédure complexe, impliquant potentiellement une modification des traités ou un accord inédit entre les Vingt-Sept et Ottawa. Bruxelles devra clarifier sa proposition et convaincre des États membres déjà divisés sur les questions commerciales. ## Une relation transatlantique à redéfinir Le projet de statut d’associé pour le Canada pourrait redéfinir les relations entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Si l’initiative aboutissait, elle créerait un précédent pour d’autres pays tiers souhaitant se rapprocher de l’UE sans adhérer pleinement. Mais les réticences au sein des États membres, les tensions avec Washington et les obstacles institutionnels rendent le chemin incertain. L’Europe devra arbitrer entre ambition géopolitique et prudence diplomatique, alors que Donald Trump a déjà fait savoir son opposition.