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Ce qu’est «l’eau fossile » que Libye, Algérie et Tunisie s'engagent à exploiter équitablement au Sahara

Monde · · Par Claire BERNARD

Ce qu’est «l’eau fossile » que Libye, Algérie et Tunisie s'engagent à exploiter équitablement au Sahara

Ce qu’est « l’eau fossile » que Libye, Algérie et Tunisie s'engagent à exploiter équitablement au Sahara Le 29 avril 2026, un tournant significatif s'est dessin

Ce qu’est « l’eau fossile » que Libye, Algérie et Tunisie s'engagent à exploiter équitablement au Sahara

Le 29 avril 2026, un tournant significatif s'est dessiné pour la coopération régionale au Maghreb : la Libye, l'Algérie et la Tunisie ont convenu de collaborer pour une exploitation équitable de leurs ressources en eau souterraine dans le Sahara. Cette décision a été prise lors d'une réunion à Tripoli, où les ministres des ressources en eau des trois nations ont échangé sur les enjeux cruciaux liés à cette ressource vitale, particulièrement dans un contexte de sécheresse persistante.

Les eaux fossiles, qui proviennent de nappes aquifères formées il y a des milliers d'années, sont un véritable trésor caché. En raison de leur ancienneté, elles ne se régénèrent pas rapidement, ce qui les rend particulièrement précieuses, mais aussi vulnérables. Mohamed Abdelaziz, le ministre libyen des Ressources en eau, a insisté sur la nécessité de gérer cette ressource avec prudence, affirmant : « Nous devons gérer cette ressource avec sagesse pour garantir un avenir durable à nos populations. »

Cette collaboration va bien au-delà de la simple gestion de l'eau. Elle s'inscrit dans un cadre géopolitique plus large, où les rivalités historiques entre ces pays pourraient être atténuées grâce à cette initiative commune. Ainsi, l'eau fossile pourrait devenir un vecteur de rapprochement entre des nations souvent en compétition, renforçant ainsi les liens au sein du Maghreb.

Cependant, les défis sont nombreux. Les infrastructures pour pomper et distribuer cette eau sont souvent insuffisantes, ce qui pose la question de la viabilité de tels projets. De surcroît, un usage intensif de cette ressource pourrait rapidement mener à son épuisement, si des mesures de conservation ne sont pas mises en place. L'Institut National de la Météorologie en Algérie a déjà mis en garde contre les conséquences désastreuses que pourraient engendrer des prélèvements excessifs sur la biodiversité locale.

La question de l'équité dans l'accès à cette ressource est également source de préoccupations. Des experts soulignent que les disparités économiques entre les trois pays pourraient influencer la manière dont l'eau est répartie. Le professeur Khaled Ben Salah, spécialiste en gestion des ressources naturelles, a déclaré : « Chaque pays doit avoir une voix égale dans cette gestion pour éviter les inégalités. »

Pour l'heure, les mesures concrètes que les gouvernements entendent mettre en place restent à définir. La réunion à Tripoli a marqué un premier pas vers un accord plus formel, avec la création de groupes de travail destinés à établir des lignes directrices sur l'exploitation et la distribution de l'eau fossile. Parallèlement, des études seront menées pour évaluer les réserves disponibles et identifier les meilleures pratiques à adopter pour une gestion durable.

Les enjeux environnementaux sont également au cœur des préoccupations des nations impliquées. La surexploitation de l'eau fossile risque d'entraîner des effets désastreux sur les écosystèmes locaux. Dans un Sahara déjà fragile, la biodiversité pourrait être mise en péril si des pratiques durables ne sont pas adoptées rapidement. Les pays concernés ont donc la responsabilité de prendre des décisions éclairées pour préserver leur environnement.

Ainsi, la coopération entre la Libye, l'Algérie et la Tunisie pourrait servir de modèle pour d'autres régions arides à travers le monde. En unissant leurs efforts pour gérer cette ressource précieuse, ces nations pourraient non seulement garantir un avenir plus sûr pour leurs populations, mais aussi inspirer d'autres pays confrontés à des enjeux similaires d'accès à l'eau et de gestion des ressources naturelles.