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"Ce qui importe, c'est notre capacité à remplir les stocks à des niveaux satisfaisants": pas de risque de pénurie de gaz cet hiver selon la directrice générale d'Engie Catherine MacGregor (mais à quel prix?)

Economie · · Par Julie MOREAU

Dans un entretien accordé à La Tribune le 10 mai, Catherine MacGregor, la directrice générale d'Engie, a exprimé son optimisme quant à l'approvisionnement en ga

Dans un entretien accordé à La Tribune le 10 mai, Catherine MacGregor, la directrice générale d'Engie, a exprimé son optimisme quant à l'approvisionnement en gaz pour l'hiver à venir. Elle a affirmé qu'il n'y aurait pas de risque de pénurie, même si le conflit au Moyen-Orient, qui perdure depuis février, continue d'affecter le marché. Toutefois, la question des prix demeure préoccupante, avec une volatilité qui pourrait affecter les ménages. MacGregor a souligné que les stocks de gaz en Europe sont actuellement à des niveaux satisfaisants, ce qui devrait permettre de satisfaire la demande hivernale. Cependant, la directrice a également mis en lumière la montée des prix du gaz, qui a été particulièrement marquée depuis le début des hostilités au Moyen-Orient. Au moment où le conflit a éclaté, le prix du gaz sur le marché européen, mesuré par la référence TTF, était d'environ 30 à 32 euros le mégawattheure (MWh). En l'espace de quelques jours, ce prix a grimpé entre 45 et 60 euros, atteignant même brièvement 65 euros, ce qui représente une augmentation de 50 à 100 %. Actuellement, les prix se stabilisent entre 40 et 50 euros le MWh, mais cette situation reste fragile. Comparativement, la moyenne des prix prévue pour 2025 était d'environ 35 euros. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a récemment indiqué que les abonnés ayant souscrit une offre indexée sur le prix du marché, soit environ 73 % des 7,5 millions de ménages français utilisant le gaz, pourraient voir leur facture mensuelle augmenter de 6,19 euros TTC en mai. La flambée des prix est attribuée à une combinaison de facteurs. Les tensions géopolitiques, en particulier celles liées au Moyen-Orient, jouent un rôle crucial. De plus, la demande croissante en Asie pour le gaz naturel liquéfié (GNL) exacerbe la pression sur l'approvisionnement européen. Les conditions météorologiques, qui influencent la consommation de gaz pour le chauffage, représentent également un facteur important à considérer. Catherine MacGregor a précisé que la prévision des prix pour cet hiver reste complexe. "Il est très difficile de se prononcer sur les niveaux de prix que nous pourrions avoir cet hiver car cela dépend de nombreux facteurs", a-t-elle déclaré, soulignant ainsi l'incertitude qui entoure le marché. Les ménages français, déjà impactés par l'augmentation des coûts, s'interrogent sur l'évolution de leur facture énergétique. Il est à noter que la situation actuelle des prix du gaz pourrait avoir des répercussions sur l'ensemble de l'économie, notamment en raison de l'inflation. À l'échelle européenne, le coût de l'énergie a un effet d'entraînement sur de nombreux secteurs, de l'industrie à la consommation. Ainsi, la question du gaz ne concerne pas uniquement les ménages, mais aussi les entreprises qui dépendent de cette ressource pour leur fonctionnement. Les anticipations de prix dans le secteur de l'énergie sont donc cruciales. Les acteurs du marché, y compris Engie, doivent naviguer dans un environnement incertain, où la gestion des stocks et la fluctuation des prix sont soumises à des influences externes variées. La nécessité de diversifier les sources d'approvisionnement et d'investir dans des alternatives énergétiques pourrait devenir une priorité pour les fournisseurs, afin de réduire leur dépendance vis-à-vis des marchés volatils. En résumé, bien que Catherine MacGregor ait assuré qu'il n'y aurait pas de pénurie de gaz cet hiver, les consommateurs doivent rester vigilants face à la volatilité des prix. Les évolutions géopolitiques, les conditions météorologiques et les tendances de la demande mondiale seront des éléments clés à surveiller dans les mois à venir. Les ménages pourraient ainsi se préparer à une facture énergétique plus élevée, conséquence directe de la dynamique actuelle du marché du gaz.