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"Ce fossé va générer de la colère" : un élu d’Occitanie dénonce le "rétrécissement" des vies des Français à cause des prix du carburant

Une · · Par Claire BERNARD

Selon un rapport parlementaire rédigé par Rémi Branco, élu du Lot et vice-président de la région Occitanie, près de six Français sur dix estiment que leur vie a

Selon un rapport parlementaire rédigé par Rémi Branco, élu du Lot et vice-président de la région Occitanie, près de six Français sur dix estiment que leur vie a « rétréci » sous l'effet de la hausse des prix du carburant. Une formule qui, selon l'élu, traduit un malaise social profond et annonce, d'après lui, une colère à venir si rien n'est fait pour enrayer ce phénomène. ## Un constat qui dépasse la seule question du carburant Le document, relayé par Midi Libre, s'appuie sur une enquête d'opinion menée auprès de la population française. Il en ressort que 58 % des personnes interrogées déclarent avoir réduit leurs déplacements, renoncé à certaines activités ou modifié leur organisation quotidienne à cause du coût du carburant. Ce chiffre, s'il devait être confirmé à plus large échelle, témoignerait d'un basculement dans les modes de vie d'une partie significative des ménages. Rémi Branco, élu d'un département rural où l'automobile demeure indispensable, souligne que cette contrainte pèse d'abord sur les habitants des territoires peu desservis par les transports en commun. Le rapport évoque également un creusement des inégalités, non seulement en matière de mobilité, mais aussi dans l'accès aux soins, à l'emploi et aux loisirs. ## Un « fossé » territorial et social Pour l'élu occitan, la question du carburant agit comme un révélateur des fractures existantes entre les métropoles et les zones périurbaines ou rurales. Là où l'offre de transport public reste limitée, la voiture individuelle demeure le seul moyen de se rendre au travail, de consulter un médecin ou de faire ses courses. La hausse des prix à la pompe, enregistrée depuis plusieurs mois, vient donc frapper de plein fouet des ménages déjà fragilisés par l'inflation. Selon les éléments rapportés par Midi Libre, Rémi Branco estime que ce « rétrécissement » des vies ne se limite pas à une dimension économique : il touche à la liberté de mouvement et, plus largement, à la capacité de chacun à organiser son existence. Un tel contexte, prévient-il, pourrait nourrir un sentiment d'abandon et, à terme, déboucher sur une expression de colère collective. ## Une colère qui rappelle des épisodes récents L'élu d'Occitanie inscrit son analyse dans une séquence déjà marquée par des mouvements sociaux liés au pouvoir d'achat, notamment la crise des « gilets jaunes » née à l'automne 2018 d'une hausse de la taxe carbone. Sans établir de parallèle direct, il souligne que les ressorts de la mobilisation restent intacts : sentiment d'injustice fiscale, éloignement des services publics et dépendance contrainte à l'automobile. Le rapport plaide donc pour une réflexion plus large sur les politiques de mobilité et sur les mécanismes de compensation destinés aux ménages les plus modestes. Il invite également à ne pas réduire le débat à une opposition entre écologie et pouvoir d'achat, mais à penser ensemble la transition et la justice sociale. ## Un signal d'alerte pour les pouvoirs publics Si les conclusions de ce rapport ne constituent pas une donnée officielle validée par une autorité statistique, elles rejoignent d'autres travaux récents consacrés à la précarité mobilité. Des associations d'usagers et plusieurs collectivités ont déjà alerté sur le sujet, sans toujours obtenir de réponse à la hauteur des enjeux. Reste à savoir si cet avertissement sera entendu. Pour Rémi Branco, l'enjeu dépasse la seule question tarifaire : il engage la cohésion territoriale et la confiance des citoyens envers les institutions. Une manière de rappeler que, derrière les chiffres, se joue une réalité quotidienne dont l'accumulation pourrait, selon lui, se transformer en colère.