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Catapultes électromagnétiques : le dernier secret des porte-avions

Une · · Par Claire BERNARD

Catapultes électromagnétiques : le dernier secret des porte-avions

Le futur successeur du Charles-de-Gaulle sera équipé de catapultes électromagnétiques de fabrication américaine, une technologie que seuls les États-Unis et, pl

Le futur successeur du Charles-de-Gaulle sera équipé de catapultes électromagnétiques de fabrication américaine, une technologie que seuls les États-Unis et, plus récemment, la Chine, maîtrisent pleinement. Selon des informations rapportées par Le Figaro, la Marine nationale a dû se tourner vers General Atomics pour doter son futur porte-avions de ce système de lancement, marquant une exception notable dans la souveraineté technologique de défense française. ## Une technologie stratégique aux mains de deux nations Les catapultes électromagnétiques, connues sous l'acronyme EMALS (Electromagnetic Aircraft Launch System), représentent une avancée majeure dans l'aéronavale moderne. Contrairement aux systèmes à vapeur traditionnels, elles utilisent des champs magnétiques pour propulser les aéronefs sur la piste d'envol, permettant de lancer aussi bien des avions de chasse que des drones, avec une précision et une puissance accrues. D'après les données publiées par Le Figaro le 26 octobre 2025, seuls les Américains, qui ont intégré cette technologie sur leur nouvelle génération de porte-avions de la classe Gerald R. Ford, et les Chinois, qui ont récemment effectué des essais sur le Fujian, dernier né de leur flotte, maîtrisent ce savoir-faire. Cette situation place la France dans une position de dépendance technologique inédite pour un domaine aussi critique que la projection de puissance navale. En effet, alors que l'Hexagone peut se targuer d'une indéniable souveraineté dans de nombreux secteurs de la défense — ogives, missiles, avions, chars, sous-marins, bâtiments de combat —, les catapultes électromagnétiques constituent une exception de taille. Le choix de recourir à General Atomics, entreprise américaine basée à San Diego, représente donc un tournant stratégique pour la Marine nationale, qui n'avait jamais eu à importer un composant aussi central pour son outil militaire. ## Les implications d'un choix industriel et géopolitique L'acquisition de ces systèmes EMALS pour le remplaçant du Charles-de-Gaulle soulève plusieurs interrogations d'ordre industriel et géopolitique. D'une part, elle implique une dépendance à long terme vis-à-vis des États-Unis pour la maintenance et l'évolution de ces équipements. D'autre part, elle pourrait refléter une volonté d'accélérer le calendrier de mise en service du futur porte-avions français, dont la livraison est attendue pour les années 2030. Selon les informations disponibles, la technologie EMALS présente des avantages significatifs en termes de fiabilité et de capacité d'emport, permettant notamment de lancer des appareils plus lourds et de réduire l'usure des cellules. Par ailleurs, l'avancée chinoise dans ce domaine mérite une attention particulière. Le Fujian, troisième porte-avions de la marine chinoise, a été équipé de catapultes électromagnétiques, une première pour Pékin. Cette prouesse technologique, réalisée dans un délai relativement court, témoigne des investissements massifs de la Chine dans sa marine de guerre et pourrait redessiner les équilibres stratégiques en Asie-Pacifique. Les essais menés sur le Fujian, rapportés par Le Figaro, suggèrent que la Chine a réussi à surmonter les défis techniques liés à cette technologie, notamment en matière de gestion de l'énergie nécessaire à ces systèmes. ## Un défi pour la souveraineté française La décision française de recourir à General Atomics pourrait également être interprétée comme un aveu de limites technologiques dans un domaine où l'Europe accuse un retard certain. Toutefois, elle pourrait aussi s'inscrire dans une logique de coopération transatlantique renforcée, dans un contexte où les menaces sécuritaires mondiales évoluent rapidement. Le choix de cette technologie américaine, plutôt qu'un développement autonome, pose néanmoins la question de la capacité de la France à maintenir une autonomie stratégique complète, principe pourtant au cœur de sa doctrine de défense depuis des décennies. Les implications de ce choix pourraient également s'étendre à la politique industrielle européenne, certains experts estimant qu'une opportunité de développer une filière européenne des catapultes électromagnétiques a été laissée de côté. D'après les informations disponibles, le coût et la complexité technique d'un tel développement auraient toutefois été considérables, ce qui pourrait justifier la solution américaine. Il semble en effet que la maîtrise de cette technologie requière des investissements massifs en recherche et développement, ainsi qu'une expertise pointue dans les domaines de l'électromagnétisme et de la gestion de l'énergie à bord des navires. ## Des perspectives multiples pour l'aéronavale mondiale Au-delà du cas français, la généralisation progressive des catapultes électromagnétiques pourrait transformer en profondeur les capacités des marines militaires à travers le monde. Cette technologie, en permettant le lancement d'une gamme plus large d'aéronefs — y compris des drones de taille importante —, ouvre en effet de nouvelles possibilités tactiques et stratégiques. Les prochaines années devraient permettre d'observer comment cette compétition technologique entre les États-Unis, la Chine et désormais la France influencera les rapports de force navals, tant dans l'Atlantique que dans l'Indo-Pacifique.