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«Carcans» écologistes contre «bon sens paysan» : Bruno Lafon, le maire girondin qui dénonce la déconnexion entre Paris et la province sur la gestion des incendies

Une · · Par Claire BERNARD

«Carcans» écologistes contre «bon sens paysan» : Bruno Lafon, le maire girondin qui dénonce la déconnexion entre Paris et la province sur la gestion des incendies

Forêts en danger : le cri d’alarme d’un maire girondin contre les normes «carcans» écologistes Alors que la Gironde panse encore les plaies du mégafeu de l’été

Forêts en danger : le cri d’alarme d’un maire girondin contre les normes «carcans» écologistes

Alors que la Gironde panse encore les plaies du mégafeu de l’été 2026, une voix dissonante s’élève de la commune de Biganos, portée par son maire sans étiquette, Bruno Lafon. Ce dernier, également dirigeant de l’association de défense des forêts contre l’incendie (DFCI) pour la région Nouvelle-Aquitaine, a interpellé directement le président Emmanuel Macron lors de sa visite sur zone le lundi 27 juillet. Son message est clair : il dénonce un fossé grandissant entre ce qu’il qualifie de «carcans» écologistes imposés depuis Paris et le «bon sens paysan» nécessaire pour adapter la forêt aux nouveaux risques climatiques.

### Un plaidoyer pour des pare-feux élargis, quitte à sacrifier des hectares

Lors de cet échange avec le chef de l’État, Bruno Lafon a mis en avant une réalité chiffrée implacable. «On ne peut plus adapter notre massif tel qu’il était. On a plus de monde, plus d’habitations, et le climat est très changé», a-t-il plaidé, selon des propos rapportés par Le Figaro. L’édile a proposé une mesure radicale : «Il faut que nous ayons un pare-feu plus entretenu, plus grand, quitte à perdre 1000 ou 2000 hectares. Et par contre on sauve le reste.» Cette prise de position, qui a rapidement fait le tour de la toile, illustre un conflit de fond entre la préservation stricte de l’environnement et les impératifs de sécurité des populations et des biens.

### Une déconnexion parisienne pointée du doigt

Au-delà de la question technique de la gestion des pare-feux, Bruno Lafon a vivement critiqué ce qu’il perçoit comme une déconnexion entre les décideurs nationaux et les réalités de terrain. Selon Le Figaro, le maire de Biganos dénonce la prolixité des normes écologiques qui, selon lui, entravent les mesures d’abattage pourtant nécessaires à la prévention des incendies. Ce discours, ancré dans une tradition de «bon sens paysan», reflète une tension récurrente entre les injonctions environnementales venues de Paris et les pratiques locales de gestion forestière. Pour l’élu, l’urgence climatique impose de revoir les priorités, même si cela implique de heurter les sensibilités écologistes.

### Un contexte de mégafeu qui réactive les tensions

L’appel de Bruno Lafon s’inscrit dans un contexte dramatique. Le mégafeu qui a ravagé la Gironde durant l’été 2026 a une fois de plus mis en lumière la vulnérabilité du massif forestier aquitain, déjà marqué par les incendies dévastateurs de 2022. La visite d’Emmanuel Macron visait à constater les dégâts et à annoncer des mesures de soutien. Cependant, le franc-parler du maire de Biganos a recentré le débat sur la prévention. En tant que dirigeant de la DFCI Nouvelle-Aquitaine, Bruno Lafon incarne une expertise de terrain qui, selon lui, est trop souvent ignorée au profit de réglementations jugées inadaptées.

### Vers une nécessaire conciliation entre écologie et sécurité ?

La sortie de Bruno Lafon soulève des questions qui dépassent le seul cas de la Gironde. Comment concilier la protection de la biodiversité, avec des espèces protégées et des écosystèmes fragiles, et la nécessité d’entretenir massivement les forêts pour les rendre moins combustibles ? Le maire de Biganos plaide pour un rééquilibrage, où la sécurité des citoyens primerait sur certaines contraintes environnementales. Sans appeler à un abandon des normes écologiques, il en appelle à une «adaptation» pragmatique, susceptible de réduire le risque de nouveaux incendies dévastateurs. L’avenir dira si son cri d’alarme, relayé par une partie de l’opinion publique, parviendra à infléchir les politiques publiques de gestion forestière en France.