Onyx Infos

Carburants : les certificats d’économies d’énergie accentuent-ils la flambée des prix à la pompe ?

Une · · Par Claire BERNARD

Carburants : les certificats d’économies d’énergie accentuent-ils la flambée des prix à la pompe ?

## Carburants : les certificats d’économies d’énergie accentuent-ils la flambée des prix à la pompe ? Alors que le conflit au Moyen-Orient continue de faire gri

## Carburants : les certificats d’économies d’énergie accentuent-ils la flambée des prix à la pompe ? Alors que le conflit au Moyen-Orient continue de faire grimper les prix à la pompe à des niveaux historiques, un dispositif fiscal jusqu’ici peu médiatisé revient au cœur des débats : les certificats d’économies d’énergie (CEE). Selon des informations rapportées par Le Figaro, cette « quasi-taxe » est accusée de gonfler discrètement la facture du plein, au point que plusieurs voix politiques réclament désormais sa suppression pure et simple. ## Un dispositif pensé pour la transition énergétique Les certificats d’économies d’énergie ont été conçus pour financer la transition énergétique en France. Le principe est simple : les fournisseurs d’énergie, notamment les pétroliers, sont tenus d’obtenir un certain volume de certificats attestant d’économies d’énergie réalisées, sous peine de sanctions financières. Pour s’acquitter de cette obligation, ces acteurs répercutent généralement le coût sur le prix de vente des carburants. D’après les données de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), en date du 18 septembre, la part des CEE dans le litre de gazole à 2,383 euros représentait plus de 16,5 centimes d’euro. Un montant qui, rapporté à un plein de cinquante litres, avoisine les huit euros. ## Une accusation portée par des acteurs politiques et associatifs Ce n’est pas la première fois que le dispositif est pointé du doigt. En mars dernier, l’association « 40 millions d’automobilistes » avait déjà dénoncé son impact sur le pouvoir d’achat des ménages. Aujourd’hui, c’est le candidat LR à la présidentielle, Bruno Retailleau, qui propose ouvertement sa suppression, dans un contexte où le gouvernement a d’ores et déjà exclu une baisse des taxes sur les carburants. Selon lui, ce mécanisme constituerait une charge invisible pour les automobilistes, d’autant plus difficile à accepter que les prix atteignent des sommets. ## Un débat qui s’inscrit dans un contexte international tendu La guerre au Moyen-Orient, en s’enlisant, entretient une volatilité extrême des cours du brut. Les prix à la pompe, qui dépassent désormais les niveaux observés lors des précédentes crises, alimentent une grogne sociale grandissante. Dans ce cadre, la question des CEE vient s’ajouter à une liste déjà longue de mesures envisagées pour soulager la facture des automobilistes. Toutefois, les défenseurs du dispositif rappellent qu’il finance des rénovations énergétiques et des programmes de sobriété, et que sa suppression pourrait compromettre des objectifs climatiques fixés au niveau national. ## Quelles alternatives envisageables ? Si la suppression des CEE était actée, elle poserait la question du financement de la transition énergétique. Certains experts évoquent la possibilité d’un transfert de charge vers le budget de l’État ou vers d’autres secteurs, mais aucune piste ne fait consensus à ce stade. Par ailleurs, l’effet immédiat sur le prix à la pompe resterait limité, le coût des CEE ne représentant qu’une fraction du prix final. La flambée actuelle demeure avant tout liée aux tensions géopolitiques et aux décisions de l’Opep+, ce qui relativise la portée du débat sur les certificats. À l’approche de l’échéance présidentielle, la question des CEE pourrait toutefois s’imposer comme un thème de campagne, tant elle touche directement le quotidien des Français. Reste à savoir si les pouvoirs publics entendront les appels à une réforme ou s’ils maintiendront un dispositif jugé indispensable à la transition écologique.