CAP PME L'Hebdo : Comment garder le contrôle de sa trésorerie ? – 07/06

CAP PME L’Hebdo : Comment garder le contrôle de sa trésorerie ? – 07/06 La gestion de trésorerie, un sujet souvent perçu comme technique, est en réalité le nerf
CAP PME L’Hebdo : Comment garder le contrôle de sa trésorerie ? – 07/06
La gestion de trésorerie, un sujet souvent perçu comme technique, est en réalité le nerf de la guerre pour toute PME. Dans l’épisode du 7 juin de CAP PME L’Hebdo, diffusé sur BFM Business, Julien Gagliardi a réuni des experts pour décrypter les leviers concrets permettant de maîtriser ce flux vital. Anne Hummler, présidente et co-fondatrice d’Inferential, Audrey Louail, présidente d’Ecritel, et Guillaume Rocher, directeur commercial et marketing de N2F, ont partagé leurs retours d’expérience, entre outils numériques, anticipation et bonnes pratiques. L’enjeu est clair : dans un contexte économique marqué par l’inflation et les retards de paiement, la trésorerie ne se subit pas, elle se pilote.
Une approche chiffrée pour anticiper les tensions
Anne Hummler a insisté sur la nécessité de passer d’une gestion réactive à une gestion proactive. Selon elle, trop de dirigeants de PME se contentent de consulter leur solde bancaire une fois par semaine, sans véritablement modéliser les flux à venir. Inferential, sa société, propose des solutions d’analyse prédictive basées sur l’intelligence artificielle. L’idée est de croiser les données de facturation, les échéances fournisseurs et les tendances saisonnières pour générer des prévisions à 30, 60 ou 90 jours. « Sans visibilité, on navigue à vue », a-t-elle résumé, appelant les entrepreneurs à intégrer ces outils dans leur routine mensuelle. Une étude récente de la Banque de France, citée en filigrane, indique que 60 % des défaillances d’entreprises sont liées à un défaut de trésorerie, souvent anticipable.
Le rôle clé des outils de gestion des notes de frais
Guillaume Rocher, de N2F, a pour sa part mis l’accent sur les fuites silencieuses que représentent les notes de frais non contrôlées. « Une PME de 50 salariés peut perdre jusqu’à 5 % de son chiffre d’affaires en frais mal gérés », a-t-il avancé. Son entreprise développe des solutions de digitalisation des notes de frais et des paiements, permettant un suivi en temps réel. L’automatisation évite les erreurs de saisie, réduit les délais de remboursement et offre une vision consolidée des dépenses. Pour les PME, souvent dépourvues de services comptables dédiés, ce type d’outil représente un gain de temps et de précision. Rocher a également souligné l’importance de fixer des politiques de dépenses claires, validées par la direction, pour éviter les dérapages.
L’exemple d’Ecritel : une trésorerie sous contrôle grâce à la relation client
Audrey Louail, à la tête d’Ecritel, société spécialisée dans l’externalisation de la relation client, a apporté un témoignage concret. Elle a expliqué comment sa PME a structuré sa trésorerie autour d’un cycle de facturation rigoureux, avec des relances automatisées et des pénalités de retard systématiques. « Nous avons réduit de 40 % notre délai moyen de paiement client en deux ans », a-t-elle affirmé. Chez Ecritel, chaque projet fait l’objet d’un suivi hebdomadaire des encaissements, et les équipes commerciales sont formées à négocier des acomptes à la commande. Louail a également évoqué l’importance de diversifier les sources de financement court terme, comme l’affacturage, pour lisser les pics d’activité. Son conseil : « Ne jamais attendre la fin du mois pour regarder ses comptes. »
Perspectives pour les dirigeants
Cet épisode de CAP PME L’Hebdo confirme que la trésorerie n’est pas une fatalité, mais une variable que l’on peut maîtriser avec méthode et outils. Entre l’intelligence artificielle prédictive, la digitalisation des processus et une discipline de gestion renforcée, les PME disposent aujourd’hui de solutions accessibles pour sécuriser leur équilibre financier. À condition de les adopter avant que les tensions ne se manifestent. Comme l’a rappelé Julien Gagliardi en conclusion, « une trésorerie saine, c’est la liberté d’investir et de recruter ». Un message qui résonne particulièrement dans un environnement où les marges sont sous pression.