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Canicules : la récolte française de maïs tombe à son plus bas niveau depuis 1980

Une · · Par Claire BERNARD

Canicules : la récolte française de maïs tombe à son plus bas niveau depuis 1980

La récolte française de maïs devrait chuter de 35 % en 2026 pour atteindre neuf millions de tonnes, un niveau inédit depuis 1980, selon les prévisions du servic

La récolte française de maïs devrait chuter de 35 % en 2026 pour atteindre neuf millions de tonnes, un niveau inédit depuis 1980, selon les prévisions du service statistique du ministère de l’Agriculture rapportées par Le Figaro. Cette contraction historique résulte d’un double phénomène : la répétition des épisodes caniculaires, survenus à des stades critiques du développement de la plante, et une réduction volontaire des surfaces cultivées par les agriculteurs. ## Un effondrement confirmé par les services de l’État La prévision gouvernementale, publiée vendredi 7 août 2026, confirme et amplifie les alertes émises par la profession. L’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) avait en effet estimé fin juin une production en repli de 30 %, à 9,5 millions de tonnes, un niveau déjà qualifié d’inédit depuis 26 ans. Toutefois, deux épisodes caniculaires supplémentaires sont survenus depuis, intervenant précisément durant la floraison et le remplissage des épis, des phases particulièrement sensibles pour la croissance du maïs. Selon les données du ministère, les rendements sont estimés à 70,3 quintaux par hectare, soit une baisse de 19 % sur un an. Cette dégradation est attribuée aux conditions climatiques extrêmes, la sécheresse ayant « écrasé » les rendements sur l’ensemble du territoire. Le chiffre de neuf millions de tonnes constitue le plus bas niveau enregistré depuis 1980, marquant une rupture avec les moyennes historiques observées ces quatre dernières décennies. ## Des arbitrages agricoles défavorables à la céréale La baisse de production ne saurait toutefois être imputée au seul facteur climatique. Les surfaces dédiées au maïs ont également diminué, les agriculteurs ayant opéré des arbitrages vers d’autres cultures jugées plus rentables ou moins risquées. Le tournesol et la mise en jachère ont notamment bénéficié de ces réorientations, dans un contexte où les coûts de production ont significativement augmenté pour les cultivateurs. La guerre au Moyen-Orient a en effet provoqué une explosion du coût des engrais, renchérissant considérablement les charges opérationnelles des exploitations céréalières. Face à cette double contrainte — aléas climatiques et hausse des intrants —, les producteurs semblent avoir privilégié une logique de sécurisation économique, quitte à réduire leur exposition au maïs. Cette évolution structurelle pourrait reconfigurer durablement l’assolement français. ## Des conséquences potentielles sur les marchés et l’élevage Cette récolte historiquement basse pourrait avoir des répercussions au-delà du seul secteur céréalier. Le maïs constitue en effet une matière première essentielle pour l’alimentation animale, notamment pour les élevages porcins et avicoles. Une production réduite pourrait ainsi accentuer la pression sur les prix des aliments pour bétail, dans un contexte déjà marqué par une inflation des coûts agricoles. Par ailleurs, la France, premier producteur de maïs de l’Union européenne, pourrait voir sa position concurrentielle fragilisée sur les marchés internationaux. Les opérateurs économiques devraient suivre avec attention l’évolution des conditions météorologiques des prochaines semaines, ainsi que les éventuelles mesures d’accompagnement que les pouvoirs publics pourraient être amenés à déployer pour soutenir une filière confrontée à une conjonction de difficultés.