Canicule: trois réacteurs nucléaires du Rhône, de la Garonne et de la Meuse mis à l'arrêt, huit autres "à puissance réduite"

# Canicule : trois réacteurs nucléaires du Rhône, de la Garonne et de la Meuse mis à l'arrêt, huit autres « à puissance réduite » La vague de chaleur qui frappe
# Canicule : trois réacteurs nucléaires du Rhône, de la Garonne et de la Meuse mis à l'arrêt, huit autres « à puissance réduite »
La vague de chaleur qui frappe la France depuis plusieurs jours contraint EDF à réduire l'activité de plusieurs de ses centrales nucléaires situées en bord de fleuve. Ce dimanche 12 juillet, l'exploitant a annoncé à l'Agence France Presse que trois réacteurs étaient à l'arrêt et que huit autres fonctionnaient à « puissance réduite », afin de respecter les limites réglementaires de rejets thermiques dans les cours d'eau. Une situation qui illustre la vulnérabilité du parc nucléaire français face aux épisodes de canicule récurrents.
## Trois sites à l'arrêt pour respecter l'environnement
Selon les informations communiquées par EDF, les réacteurs concernés par un arrêt total sont le réacteur n°2 de la centrale de Golfech, située au bord de la Garonne dans le Tarn-et-Garonne, le réacteur n°3 de la centrale du Bugey, implantée sur les rives du Rhône dans l'Ain, et le réacteur n°2 de la centrale de Chooz, qui borde la Meuse dans les Ardennes. L'exploitant justifie ces mesures par la nécessité de « respecter les arrêtés sur les rejets, et donc l'environnement », en raison des conditions climatiques extrêmes.
Ces arrêts interviennent alors que les températures élevées réchauffent les cours d'eau, réduisant leur capacité à absorber la chaleur résiduelle produite par les installations nucléaires. Sans cette mise à l'arrêt, les rejets thermiques dépasseraient les seuils autorisés, ce qui pourrait nuire à la faune et à la flore aquatiques.
## Huit réacteurs en « adaptation de puissance »
Parallèlement, EDF a indiqué que huit autres réacteurs fonctionnent actuellement à « puissance réduite », une mesure moins radicale que l'arrêt complet mais qui limite néanmoins la production électrique. Sont concernés les réacteurs n°1 et 2 de Saint-Alban, sur le Rhône, les réacteurs n°1 et 3 de la centrale du Blayais, située sur la Gironde, les réacteurs n°4 et 5 de Bugey, le réacteur n°1 de Chooz, ainsi que le réacteur n°3 de Tricastin, également sur le Rhône.
Ces « adaptations de puissance » permettent de réduire le volume d'eau chaude rejeté dans les fleuves, tout en maintenant une activité partielle. L'objectif est de concilier la production d'électricité avec les contraintes environnementales, alors que la canicule met sous pression l'ensemble du système électrique français.
## Une dérogation environnementale controversée pour le Bugey
Samedi, le gouvernement a publié un arrêté homologuant une décision de l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) qui modifie « de manière temporaire les limites de rejets thermiques applicables à la centrale nucléaire du Bugey ». Jusqu'au 20 juillet, cette installation, située dans l'Ain, bénéficie d'une dérogation environnementale concernant les températures de ses rejets d'eau, afin d'assurer « la sécurité du réseau électrique ».
Concrètement, cette dérogation autorise la centrale à rejeter de l'eau plus chaude d'un degré supplémentaire entre la température mesurée en amont et en aval du site. Cette mesure, bien que temporaire, suscite des interrogations sur ses impacts potentiels pour l'environnement aquatique local. EDF assure que cette flexibilité lui permet de poursuivre son activité de production d'électricité, même à puissance réduite, sans compromettre la sûreté des installations.
Ces dernières semaines, plusieurs réacteurs avaient déjà été arrêtés en France, notamment au Bugey et dans d'autres centrales, en raison des vagues de chaleur successives. Alors que les épisodes caniculaires devraient se multiplier avec le changement climatique, la question de l'adaptation du parc nucléaire français à ces conditions extrêmes reste plus que jamais d'actualité. La sécurité d'approvisionnement électrique et la protection de l'environnement pourraient nécessiter des arbitrages de plus en plus fréquents.