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Canicule : situation «normale» dans les hôpitaux mais des déprogrammations «ciblées», rassure la ministre de la Santé

Une · · Par Claire BERNARD

Canicule : situation «normale» dans les hôpitaux mais des déprogrammations «ciblées», rassure la ministre de la Santé

Canicule : situation «normale» dans les hôpitaux mais des déprogrammations «ciblées», rassure la ministre de la Santé Alors qu’une canicule exceptionnelle, qual

Canicule : situation «normale» dans les hôpitaux mais des déprogrammations «ciblées», rassure la ministre de la Santé

Alors qu’une canicule exceptionnelle, qualifiée par Météo-France de comparable à l’épisode historique de 2003, touche l’ensemble du territoire français depuis plusieurs jours, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a tenu à rassurer sur la capacité de réaction du système hospitalier. Interrogée mercredi 24 juin 2026 sur Franceinfo, elle a affirmé que la situation était pour l’heure «normale» à l’échelle nationale, tout en reconnaissant des déprogrammations «ciblées» de soins et des hausses locales des passages aux urgences. Ces déclarations interviennent alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé la veille un renforcement de la mobilisation sanitaire, activant le plan Orsan au niveau 2 sur 4.

Un plan Orsan activé pour anticiper les pics de chaleur

Face à l’intensité de l’épisode caniculaire, le gouvernement a déclenché mardi 23 juin le plan Orsan (Organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles) au niveau 2. Ce dispositif, qui prévoit une coordination renforcée entre les établissements de santé et les autorités régionales, inclut notamment la possibilité de déprogrammer des opérations chirurgicales non urgentes. «C’est un plan qui permet de libérer des lits et des capacités de soins pour faire face à un afflux potentiel de patients victimes de la chaleur», a précisé Stéphanie Rist. Selon des informations rapportées par Le Figaro, cette activation vise à anticiper les conséquences sanitaires des fortes températures, qui pourraient se manifester avec un décalage de plusieurs jours. La ministre a d’ailleurs rappelé que «les conséquences des fortes températures mettent souvent plusieurs jours à se faire sentir», justifiant ainsi une posture de vigilance accrue plutôt que de réaction tardive.

Des déprogrammations «ciblées» et non massives

Interrogée sur l’impact concret de ce plan sur les patients, Stéphanie Rist a tenu à nuancer l’ampleur des mesures prises. «À l’heure actuelle, il y a quelques déprogrammations ciblées», a-t-elle expliqué, mais «on n’est pas du tout au moment de déprogrammations massives ou nationales». Selon elle, ces ajustements concernent principalement des interventions programmées dans des établissements situés dans les zones les plus touchées par la canicule, où la pression sur les services d’urgence s’est accrue. La ministre a également insisté sur le fait que «l’hôpital aujourd’hui n’est pas saturé», une déclaration qui contraste avec les inquiétudes exprimées par certains syndicats de soignants. Ces derniers redoutent une répétition des scénarios de crise observés lors des précédents épisodes de chaleur extrême, notamment en 2003, où les services de réanimation avaient été submergés.

Une vigilance maintenue malgré une situation jugée stable

Si les autorités sanitaires se veulent rassurantes, elles n’en restent pas moins en état d’alerte. Le plan Orsan niveau 2 prévoit également le renforcement des effectifs dans les services d’urgence et la mobilisation de lits supplémentaires en réanimation. Selon des sources gouvernementales, des cellules de crise régionales ont été activées dans plusieurs départements placés en vigilance rouge canicule, notamment en Île-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Occitanie. La ministre a par ailleurs appelé les Français à la plus grande prudence, rappelant les gestes essentiels : s’hydrater régulièrement, éviter les efforts physiques aux heures les plus chaudes et protéger les personnes vulnérables, notamment les personnes âgées et les enfants en bas âge. «La canicule n’est pas un phénomène anodin, mais notre système de santé est préparé», a-t-elle conclu, tout en précisant que la situation serait réévaluée quotidiennement.

Perspectives et enjeux à moyen terme

Alors que l’épisode caniculaire devrait se prolonger au moins jusqu’à la fin de la semaine, les autorités sanitaires restent en alerte. La situation dans les hôpitaux, bien que qualifiée de «normale» pour l’instant, pourrait évoluer rapidement si les températures continuent de grimper. Le précédent de 2003, qui avait causé près de 15 000 décès supplémentaires en France, reste dans toutes les mémoires. Toutefois, les dispositifs mis en place depuis, comme le plan Orsan et les campagnes de prévention, ont permis d’améliorer significativement la réponse sanitaire face aux vagues de chaleur. Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes pour faire face à un épisode d’une intensité comparable, dans un contexte où les services hospitaliers sont déjà sous tension chronique depuis plusieurs années.