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Canicule: si les prochaines années sont aussi chaudes, la croissance économique française pourrait perdre 210 milliards d'euros d'ici à 2030

Economie · · Par Julie MOREAU

Canicule: si les prochaines années sont aussi chaudes, la croissance économique française pourrait perdre 210 milliards d'euros d'ici à 2030

# Canicule : vers une perte de 210 milliards d'euros pour la croissance française d'ici 2030 La multiplication des épisodes de canicule en France pourrait coûte

# Canicule : vers une perte de 210 milliards d'euros pour la croissance française d'ici 2030 La multiplication des épisodes de canicule en France pourrait coûter cher à l'économie nationale. Selon une analyse relayée par BFM Business, si les prochaines années connaissent des températures aussi élevées que celles observées récemment, la croissance économique française pourrait perdre jusqu'à 210 milliards d'euros cumulés d'ici à 2030. Ce chiffre, qui interpelle les économistes et les décideurs publics, illustre l'impact croissant du dérèglement climatique sur le produit intérieur brut (PIB) du pays. ## Un coût économique multiple et diffus ### Des secteurs directement affectés par la chaleur Les conséquences des canicules ne se limitent pas à l'inconfort des citoyens. Elles se traduisent par des pertes de productivité dans de nombreux secteurs. L'agriculture, première concernée, subit des baisses de rendement liées au stress hydrique et aux brûlures des cultures. Le bâtiment et les travaux publics (BTP) voient leurs chantiers ralentis, voire interrompus, lorsque les températures dépassent certains seuils de sécurité pour les travailleurs. Le tourisme, lui aussi, peut être pénalisé par des vagues de chaleur qui dissuadent certaines clientèles ou dégradent l'attractivité de certaines régions. Par ailleurs, les infrastructures de transport, comme celles de la SNCF, sont mises à rude épreuve. Les rails peuvent se dilater, les caténaires se détendre, entraînant des retards et des annulations. La SNCF a d'ailleurs appelé les personnes "vulnérables" à éviter le train lors des épisodes caniculaires, un signe supplémentaire des perturbations subies. Ces dysfonctionnements génèrent des coûts directs de maintenance et des coûts indirects liés à la perte de confiance des usagers et à la baisse de fréquentation. ### Des impacts sur la santé et l'énergie Le système de santé est également mis sous tension. Les hospitalisations pour coups de chaleur, déshydratation ou complications de maladies chroniques augmentent lors des canicules. Cela se traduit par des dépenses supplémentaires pour l'Assurance maladie et une baisse de la productivité des actifs touchés. Parallèlement, la demande en électricité explose, notamment pour la climatisation, comme le souligne le "Café Conso" de BFM Business, qui alerte sur la facture croissante des climatiseurs et ventilateurs pour les ménages. Cette hausse de la consommation énergétique pèse sur le budget des familles et sur les infrastructures électriques, qui doivent être renforcées pour éviter les coupures. ## Un chiffre qui interroge sur la résilience économique ### 210 milliards d'euros : une estimation à prendre avec précaution Le montant de 210 milliards d'euros de pertes cumulées d'ici 2030 est une estimation macroéconomique qui repose sur des hypothèses de récurrence des canicules. Il ne s'agit pas d'une prévision certaine, mais d'un scénario possible si la tendance actuelle se poursuit. Ce chiffre intègre à la fois les pertes directes de production, les surcoûts pour les entreprises et les administrations, ainsi que les effets indirects sur la consommation et l'investissement. Les économistes qui ont réalisé cette étude soulignent que le coût réel pourrait être encore plus élevé si les phénomènes extrêmes s'intensifient au-delà des projections actuelles. Il est important de noter que ces 210 milliards d'euros ne représentent pas une "facture" unique, mais une perte de richesse cumulée sur plusieurs années. En d'autres termes, la croissance française serait moins forte qu'elle ne pourrait l'être en l'absence de ces chocs climatiques. Cela a des conséquences sur l'emploi, les recettes fiscales et la capacité de l'État à financer ses politiques publiques. ### Des leviers d'action encore insuffisants Face à ce constat, les pouvoirs publics et les entreprises cherchent des solutions. L'adaptation des infrastructures, la végétalisation des villes, l'isolation des bâtiments et le développement de la climatisation plus sobre sont autant de pistes explorées. Mais ces investissements ont un coût et prennent du temps. Le débat sur le "congé climatique" évoqué par Emmanuel Lechypre et Raphaël Legendre sur BFM Business illustre la difficulté à concilier protection des travailleurs et maintien de l'activité économique. La question de la TVA ou de la CSG sociale, également abordée dans les émissions, montre que les solutions de financement sont au cœur des discussions politiques. Sans une action rapide et coordonnée, le risque est que les canicules deviennent un frein structurel à la croissance française, pesant lourdement sur le niveau de vie des citoyens et la compétitivité des entreprises. ## Une perspective qui appelle à l'action L'estimation de 210 milliards d'euros de pertes potentielles d'ici 2030 est un signal d'alarme pour l'économie française. Elle rappelle que le changement climatique n'est pas seulement un enjeu environnemental, mais aussi un enjeu économique majeur. Les prochaines années seront déterminantes pour évaluer la capacité du pays à s'adapter et à limiter ces pertes. Si les températures continuent d'augmenter, le coût pour la croissance française pourrait bien dépasser les prévisions actuelles, rendant nécessaire une refonte en profondeur de nos modèles de production et de consommation.