Canicule : "Mon principal problème, c’est les fenêtres"… 43 % des logements français n’ont pas de volets, comme dans le quartier Antigone à Montpellier

Près d’un logement français sur deux ne dispose d’aucun volet, une situation qui devient critique lors des épisodes de canicule. À Montpellier, le quartier Anti
Près d’un logement français sur deux ne dispose d’aucun volet, une situation qui devient critique lors des épisodes de canicule. À Montpellier, le quartier Antigone illustre parfaitement ce phénomène : presque aucun logement n’est équipé de volets ni d’espaces extérieurs protégés, selon une étude menée par IGNES et Pouget Consultants, rapportée par Midi Libre. Cette absence d’équipement expose les habitants à des températures intérieures difficilement supportables, alors que les vagues de chaleur se multiplient sur le territoire.
## Une étude qui révèle l’ampleur du phénomène
L’étude réalisée par IGNES et Pouget Consultants, dont les résultats ont été relayés par Midi Libre, établit que 43 % des logements français ne possèdent aucun volet. Ce chiffre, qui concerne l’ensemble du parc immobilier national, masque des disparités régionales importantes. Dans le quartier Antigone à Montpellier, conçu dans les années 1980 par l’architecte Ricardo Bofill, la quasi-totalité des résidences en est dépourvue. Ce secteur, caractérisé par ses grandes façades vitrées et son architecture néoclassique, n’a pas été pensé pour faire face aux fortes chaleurs, et les résidents témoignent de difficultés concrètes au quotidien.
« Mon principal problème, c’est les fenêtres », confie un habitant du quartier cité par Midi Libre. Cette remarque illustre le dilemme auquel sont confrontés de nombreux occupants : sans volets, les protections solaires classiques — stores intérieurs, rideaux épais — se révèlent insuffisantes pour bloquer la chaleur radiative. Selon les données recueillies, la température intérieure peut dépasser de plusieurs degrés celle de l’extérieur en période de forte chaleur, rendant les logements quasi inhabitables en journée.
## Des conséquences sanitaires et énergétiques préoccupantes
L’absence de volets ne constitue pas uniquement un inconfort passager. Les experts en santé publique rappellent que l’exposition prolongée à des températures élevées dans les habitations augmente les risques de déshydratation, de coups de chaleur et de complications pour les personnes fragiles — personnes âgées, nourrissons et malades chroniques. Lors de la canicule de 2003, qui avait causé près de 15 000 décès en France, la majorité des victimes avaient été retrouvées dans des logements sans protection solaire efficace.
Par ailleurs, cette situation a également des implications énergétiques. Les ménages dépourvus de volets ont tendance à recourir davantage à la climatisation, ce qui alourdit leur facture et contribue à une hausse de la consommation électrique lors des pics estivaux. Selon les données disponibles, l’installation de volets roulants ou battants pourrait réduire la température intérieure de 4 à 6 degrés, limitant ainsi le recours aux systèmes de refroidissement actifs.
## Un enjeu d’urbanisme et de rénovation pour les décennies à venir
La question des volets s’inscrit dans un débat plus large sur l’adaptation du parc immobilier français au changement climatique. Les constructions récentes, soumises à la réglementation thermique RE2020, intègrent désormais des dispositifs de protection solaire obligatoires. Toutefois, le parc existant — qui représente la grande majorité des logements — demeure largement sous-équipé. Antigone, avec ses immeubles emblématiques, constitue un cas d’école pour les collectivités qui doivent arbitrer entre préservation du patrimoine architectural et impératifs de confort thermique.
Selon Midi Libre, des habitants du quartier ont interpellé la municipalité de Montpellier pour évoquer des solutions alternatives, comme la pose de brise-soleil ou de films réfléchissants sur les vitrages. Ces dispositifs, moins invasifs que des volets traditionnels, pourraient concilier exigences esthétiques et efficacité thermique. Toutefois, aucune décision officielle n’a été annoncée à ce stade, et les résidents restent dans l’attente d’une réponse concrète des pouvoirs publics face à une problématique qui ne fera que s’amplifier avec la hausse des températures.