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Canicule : 5 764 morts en excès pendant l’épisode de juin en France, une surmortalité jamais observée depuis 2003

Une · · Par Claire BERNARD

Canicule : 5 764 morts en excès pendant l’épisode de juin en France, une surmortalité jamais observée depuis 2003

# Canicule : 5 764 morts en excès pendant l'épisode de juin en France, une surmortalité jamais observée depuis 2003 L'épisode de chaleur extrême qui a frappé la

# Canicule : 5 764 morts en excès pendant l'épisode de juin en France, une surmortalité jamais observée depuis 2003 L'épisode de chaleur extrême qui a frappé la France métropolitaine du 17 juin au 2 juillet 2022 a provoqué une surmortalité de 5 764 décès en excès, un niveau qui n'avait pas été atteint depuis la canicule historique de 2003. Selon des informations rapportées par Le Figaro, ces données, issues des analyses de Santé publique France, révèlent que « toutes les classes d'âge à partir de 15 ans », avec une « augmentation marquée dès 45 ans », ont été touchées par cette vague de chaleur sans précédent récent. ## Un phénomène qui a concerné l'ensemble du territoire La quasi-totalité de la population hexagonale, soit 98,5 % des habitants, a été exposée aux températures caniculaires durant cette période de seize jours. Cette couverture territoriale exceptionnelle explique en partie l'ampleur de la surmortalité observée. D'après des sources gouvernementales, les régions les plus durement touchées incluent notamment le Sud-Est, la vallée du Rhône et une partie du Centre-Val de Loire, où les records de température ont été battus à plusieurs reprises. Les services de veille sanitaire ont également noté une augmentation significative des passages aux urgences pour des pathologies liées à la chaleur, telles que les coups de chaleur, les déshydratations sévères et les hyperthermies. ## Une comparaison avec la canicule de 2003 L'épisode de juin 2022 se distingue par sa précocité dans la saison estivale, ce qui a pu surprendre les populations et les systèmes de santé, moins préparés à une telle intensité dès le début de l'été. En 2003, la canicule d'août avait causé près de 15 000 décès en excès sur l'ensemble du territoire, un chiffre qui avait profondément marqué les politiques de prévention et de gestion des crises sanitaires. Cependant, les experts soulignent que la surmortalité de juin 2022, bien que moindre en valeur absolue, est particulièrement alarmante en raison de sa concentration sur une courte période et de sa répartition homogène sur le territoire. Selon un rapport de Santé publique France, les personnes âgées de 75 ans et plus représentent la majorité des décès en excès, mais les classes d'âge intermédiaires, dès 45 ans, ont également été significativement affectées, ce qui interroge sur les facteurs de vulnérabilité propres à cette tranche d'âge. ## Des mesures de prévention renforcées mais insuffisantes Face à cette situation, les autorités sanitaires ont mis en place des dispositifs d'alerte et de prise en charge, notamment le déclenchement du plan canicule dans plusieurs départements. Des messages de prévention ont été diffusés via les médias et les réseaux sociaux, appelant à l'hydratation régulière, à la limitation des activités physiques aux heures les plus chaudes et à la vigilance envers les personnes isolées. Toutefois, des critiques émergent quant à l'efficacité de ces mesures, en particulier dans les zones urbaines où l'effet d'îlot de chaleur aggrave les conditions de vie. Des associations de défense des personnes âgées estiment que la couverture médiatique et les actions de proximité auraient pu être renforcées, notamment dans les quartiers populaires et les zones rurales où l'accès aux soins est plus limité. ## Des implications pour les politiques climatiques et sanitaires Cet épisode de surmortalité soulève des questions plus larges sur l'adaptation du système de santé français face au changement climatique. Les projections climatiques indiquent une augmentation de la fréquence et de l'intensité des vagues de chaleur dans les décennies à venir, ce qui nécessite une révision des stratégies de prévention et de gestion des crises. Des experts en santé publique recommandent notamment le développement de solutions architecturales comme les logements climatisés ou végétalisés, la création de réseaux de solidarité de voisinage, et l'intégration de la canicule dans les plans d'urgence des établissements de santé. Par ailleurs, la question de la formation des professionnels de santé à la reconnaissance précoce des symptômes liés à la chaleur reste posée, tout comme celle de l'information ciblée des populations les plus vulnérables. Alors que la France s'apprête à connaître des étés de plus en plus chauds, les 5 764 morts en excès de juin 2022 pourraient constituer un signal d'alarme pour les pouvoirs publics, les incitant à renforcer les dispositifs existants et à anticiper des situations encore plus critiques. La mémoire de 2003, bien que lointaine, rappelle que la canicule n'est pas une fatalité, mais un risque sanitaire majeur qui exige une vigilance constante et des actions coordonnées à tous les niveaux de la société.