Canada : le premier ministre Mark Carney condamne une attaque armée contre une mosquée dans le centre du pays

Le Premier ministre canadien Mark Carney a fermement condamné, jeudi 30 juillet, les tirs qualifiés de « révoltants » perpétrés la veille contre un centre islam
Le Premier ministre canadien Mark Carney a fermement condamné, jeudi 30 juillet, les tirs qualifiés de « révoltants » perpétrés la veille contre un centre islamique à Winnipeg, dans la province du Manitoba. Un geste « islamophobe violent » qui, selon le chef du gouvernement, n’a « pas sa place au Canada », a-t-il déclaré dans un message publié sur le réseau social X. L’attaque, survenue en soirée, n’a fait aucun blessé, mais a rouvert le débat sur la montée des actes antimusulmans dans le pays.
### Une attaque ciblée en pleine réunion
Selon un communiqué diffusé par la mosquée Rahma, cible de l’assaut, « deux individus ont ouvert le feu sur le centre » alors que plusieurs personnes s’y trouvaient réunies. Les assaillants auraient ensuite « utilisé une autre arme pour briser des fenêtres », détaille le texte. Plus tôt dans la journée, les mêmes individus, « probablement les mêmes », selon la source, avaient proféré des injures raciales à l’encontre de personnes se tenant à l’entrée du centre islamique. La police de Winnipeg, chargée de l’enquête, n’avait pas encore identifié de suspect ni procédé à une arrestation au moment de la rédaction de ces lignes. Les circonstances exactes de l’incident restent à établir, mais le caractère délibéré de l’acte semble ne faire guère de doute.
### Un appel à une stratégie nationale contre l’islamophobie
Le Conseil national des musulmans canadiens (NCCM) a réagi sur X, dénonçant un « exemple supplémentaire d’incidents quotidiens similaires à travers le pays ». L’organisation appelle les autorités fédérales à mettre en œuvre une stratégie nationale contre l’islamophobie, estimant que les mesures actuelles se révèlent insuffisantes face à la récurrence de ces actes. Ce nouvel événement survient dans un climat de tensions, quatre ans après le drame de London, en Ontario, où quatre membres d’une famille musulmane avaient été tués par un homme qui les avait percutés avec son camion. En 2017, six musulmans avaient également perdu la vie et cinq autres avaient été blessés lors d’une attaque contre une mosquée de Québec.
### Un pays marqué par des précédents tragiques
Le Canada, souvent présenté comme un modèle de diversité, se trouve une nouvelle fois confronté à la réalité d’une islamophobie latente. Les autorités locales et fédérales, tout en condamnant fermement l’incident, n’ont pas encore annoncé de mesures concrètes pour renforcer la protection des lieux de culte. L’enquête en cours à Winnipeg devrait permettre de déterminer les motivations des assaillants et d’établir d’éventuels liens avec d’autres actes similaires. En attendant, la communauté musulmane de la région demeure sous le choc, rappelant que la lutte contre la haine demeure un chantier permanent, tant au Canada qu’ailleurs dans le monde.