Cameroun: début d'un nouveau recensement général, plus de 20 ans après le dernier

## Cameroun : un nouveau recensement général débute, plus de deux décennies après le précédent Le 24 avril 2026 marque le coup d’envoi du quatrième recensement
## Cameroun : un nouveau recensement général débute, plus de deux décennies après le précédent
Le 24 avril 2026 marque le coup d’envoi du quatrième recensement général au Cameroun, une opération inédite depuis plus de 21 ans. Ce moment crucial intervient alors qu’un besoin pressant de données précises se fait ressentir dans le pays. Des agents recenseurs parcourront les différentes régions, frappant aux portes pour dénombrer les habitants et récolter des informations essentielles sur les conditions de vie, l’agriculture et l’élevage. Une tâche qui s’annonce délicate, étant donné les lacunes souvent observées dans les statistiques nationales.
### Un timing stratégique
Le Cameroun, en pleine mutation démographique, voit sa population croître rapidement, et les autorités sont conscientes de l’importance d’une telle initiative. Alamine Ousmane Mey, ministre de l'Économie et de la Planification, a affirmé que ce recensement est fondamental pour "développer des stratégies adaptées aux besoins des Camerounais". En l'absence de données fiables, il devient difficile pour le gouvernement de tracer des perspectives d’avenir.
Les agents, équipés de tablettes et de questionnaires, s’attaquent à la tâche titanesque d’explorer tant les grandes métropoles que les zones rurales les plus reculées. L’objectif est de dresser un tableau fidèle des réalités quotidiennes des Camerounais, en prenant en compte leur accès aux services de base et leur situation économique. Ce travail de fond est essentiel pour établir un portrait précis du pays et orienter les futures décisions politiques.
### Les obstacles à surmonter
Depuis le dernier recensement en 2005, le pays a connu des transformations significatives, notamment des migrations internes, des crises économiques et des conflits. Jean-Baptiste Nguemo, sociologue à l'Université de Yaoundé, soulève des préoccupations quant à la sécurité des agents recenseurs, surtout dans certaines zones sensibles. De plus, une partie de la population exprime des doutes quant à l'utilisation des données collectées, redoutant des détournements à des fins politiques. Cette méfiance est renforcée par un contexte où la transparence n’est pas toujours la norme.
Pour apaiser les craintes, les agents de recensement doivent non seulement collecter des données, mais aussi instaurer un climat de confiance. Les résultats de cette opération, qui pourraient influencer la planification des infrastructures et des services, sont attendus avec impatience. Le ministre de l'Économie espère des résultats rapides, mais dans un pays où le temps et les priorités peuvent être perçus différemment, cette notion de "rapidement" prend tout son sens.
Alors que les élections approchent à grands pas, la pression sur les résultats du recensement augmente. Les données recueillies pourraient avoir des implications politiques importantes, rendant ce recensement bien plus qu’un simple exercice de comptage. Pour le Cameroun, c’est une opportunité de mieux se comprendre et de se projeter vers l'avenir avec des bases solides.
Le défi est immense, mais les enjeux le sont tout autant. Ce recensement pourrait être le fondement d’un avenir plus éclairé pour le pays.