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Cadmium : le test de dépistage des patients à risque coûtera 27,50 euros et sera remboursé à 60 % par l’Assurance maladie

Une · · Par Claire BERNARD

Cadmium : le test de dépistage des patients à risque coûtera 27,50 euros et sera remboursé à 60 % par l’Assurance maladie

# Cadmium : le test de dépistage des patients à risque coûtera 27,50 euros et sera remboursé à 60 % par l’Assurance maladie À compter du 16 juin prochain, les p

# Cadmium : le test de dépistage des patients à risque coûtera 27,50 euros et sera remboursé à 60 % par l’Assurance maladie À compter du 16 juin prochain, les patients exposés au cadmium pourront bénéficier d'un test de dépistage remboursé partiellement par l'Assurance maladie. Selon des informations rapportées par Midi Libre, ce dosage biologique, facturé 27,50 euros, sera pris en charge à hauteur de 60 %, une mesure qui répond aux alertes sanitaires émises par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). ## Une mesure sanitaire attendue face à une exposition généralisée ### Un métal lourd aux effets délétères sur la santé Le cadmium, métal lourd présent dans les sols, l'eau et certains aliments, est classé comme cancérogène certain pour l'homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Son accumulation dans l'organisme, principalement via l'alimentation et le tabagisme, peut provoquer des atteintes rénales irréversibles, une fragilisation osseuse et une augmentation du risque de cancers du poumon, de la prostate ou du rein. L'Anses avait, dans un rapport publié en 2021, estimé que près d'un Français sur deux présentait des niveaux d'imprégnation au cadmium dépassant les seuils sanitaires recommandés, une situation qualifiée de "préoccupante" par les autorités sanitaires. ### Un test de dépistage désormais accessible Le test de dépistage, dont le remboursement entrera en vigueur le 16 juin, consiste en un dosage du cadmium dans les urines ou le sang. Il sera prescrit par un médecin traitant ou un spécialiste aux patients présentant des facteurs de risque identifiés : tabagisme chronique, exposition professionnelle (industrie métallurgique, fabrication de batteries, soudure), consommation régulière d'aliments contaminés (céréales, légumes racines, crustacés) ou antécédents de pathologies rénales ou osseuses inexpliquées. Le tarif de 27,50 euros, fixé par la nomenclature des actes de biologie médicale, sera remboursé à 60 % par l'Assurance maladie, le reste pouvant être pris en charge par les mutuelles ou la complémentaire santé solidaire. ## Un enjeu de santé publique à long terme ### Des recommandations de l'Anses qui se concrétisent Cette décision fait suite aux recommandations formulées par l'Anses dans son avis de 2021, qui préconisait la mise en place d'un dépistage ciblé des populations les plus exposées. L'agence alertait alors sur l'insuffisance des données disponibles concernant l'imprégnation au cadmium de la population française, tout en pointant l'absence de seuil réglementaire pour les aliments autres que les compléments alimentaires. Le remboursement de ce test constitue une première étape vers une meilleure surveillance épidémiologique, même si les experts estiment que des mesures de réduction des sources de contamination restent indispensables. ### Des implications pour les patients et le système de santé Pour les patients à risque, ce test permettra un diagnostic précoce d'une éventuelle intoxication chronique, ouvrant la voie à des mesures de prévention ou de prise en charge adaptées. Les médecins pourront ainsi orienter leurs prescriptions vers des examens complémentaires (bilan rénal, densitométrie osseuse) ou recommander des changements de comportement, notamment l'arrêt du tabac ou l'adoption d'une alimentation moins contaminée. Toutefois, le remboursement à 60 % pourrait limiter l'accès au test pour les patients les plus précaires, même si les mutuelles et la complémentaire santé solidaire devraient combler le reste à charge. ## Une perspective de renforcement de la réglementation Alors que le cadmium continue d'être présent dans les sols agricoles en raison de l'utilisation passée d'engrais phosphatés et de boues d'épuration, des associations de consommateurs et des élus écologistes appellent à un durcissement des normes de contamination des denrées alimentaires. La Commission européenne a d'ailleurs proposé, en 2023, d'abaisser les teneurs maximales autorisées dans certains aliments, une mesure qui pourrait entrer en vigueur dans les prochains mois. Le dépistage, bien que nécessaire, ne saurait donc se substituer à une politique de réduction à la source de l'exposition au cadmium, dont les effets sanitaires et économiques à long terme restent encore largement sous-estimés.