Caburants: l'essence repasse sous les 2 euros le litre

Le litre de sans-plomb 95-E10 est repassé sous le seuil symbolique des 2 euros dans les stations-service françaises, selon les données communiquées par BFM Busi
Le litre de sans-plomb 95-E10 est repassé sous le seuil symbolique des 2 euros dans les stations-service françaises, selon les données communiquées par BFM Business. Cette évolution marque une accalmie pour les automobilistes, après plusieurs semaines de hausse continue des prix à la pompe. Le gazole, de son côté, poursuit une trajectoire distincte, les prix variant selon les régions et les enseignes.
## Un reflux attendu après plusieurs semaines de tension
Le prix moyen du sans-plomb 95-E10 s'établit désormais à 1,98 euro le litre, soit une baisse de 3 centimes par rapport à la semaine précédente. Ce mouvement s'explique principalement par le recul des cours du pétrole brut sur les marchés internationaux, le baril de Brent ayant perdu près de 4 % en l'espace de quinze jours. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui avaient soutenu les prix en juillet, semblent s'atténuer, permettant un rééquilibrage de l'offre et de la demande.
Les analystes interrogés par BFM Business restent toutefois prudents quant à la pérennité de cette baisse. La décision de l'Opep+ d'augmenter sa production à partir de septembre pourrait maintenir une pression à la baisse sur les cours, mais la reprise économique chinoise, plus lente que prévu, continue d'entretenir une incertitude sur la demande mondiale. Les prix à la pompe pourraient ainsi fluctuer dans les prochaines semaines, sans tendance claire.
## Des écarts de prix significatifs selon les territoires
La moyenne nationale masque des disparités territoriales importantes. Dans les départements du Sud-Est, notamment autour de Marseille et de Nice, les prix dépassent encore régulièrement les 2,05 euros le litre, en raison des coûts de logistique et d'une concurrence moins forte entre enseignes. À l'inverse, certaines grandes surfaces de l'Ouest et du Nord proposent des tarifs sous les 1,90 euro, grâce à des volumes d'achat plus importants et des marges réduites.
Les carburants premium, comme le sans-plomb 98, restent au-dessus de la barre des 2,10 euros dans la plupart des régions. Ce carburant, prisé des véhicules anciens et de certaines sportives, subit une pression fiscale plus lourde et un coût de raffinage supérieur. Les automobilistes équipés de véhicules essence récents peuvent en revanche bénéficier pleinement de la baisse du 95-E10, qui représente désormais plus de 60 % des volumes vendus en France.
## Une pression fiscale qui reste un sujet de débat
La composante carbone et la TVA représentent encore près de 60 % du prix final du litre, un niveau parmi les plus élevés d'Europe. Les associations de consommateurs, citées par BFM Business, rappellent que cette fiscalité a été partiellement compensée par la remise de 10 centimes appliquée par l'État entre avril et décembre 2024, mais que cette mesure a pris fin sans être reconduite. Le gouvernement n'a pas annoncé, à ce stade, de nouveau dispositif d'aide pour les ménages les plus modestes.
Les professionnels du transport routier, qui consomment près de 40 % du gazole vendu en France, suivent de près l'évolution des prix. Une stabilisation sous les 2 euros pourrait alléger leurs charges, mais les marges restent faibles dans un secteur confronté par ailleurs à la hausse des péages et des coûts salariaux. Les prochaines semaines seront décisives pour confirmer cette tendance baissière, alors que la fin des vacances d'été s'accompagne traditionnellement d'une hausse de la demande.
La baisse actuelle des prix, si elle se confirme, pourrait offrir un léger répit au pouvoir d'achat des ménages, dans un contexte où l'inflation alimentaire et énergétique reste préoccupante. Les automobilistes devraient toutefois rester attentifs aux variations hebdomadaires, les prix à la pompe étant fixés librement par chaque station, dans la limite des marges autorisées. Les comparateurs en ligne et les applications mobiles permettent de repérer les enseignes les plus compétitives, qui affichent parfois des écarts de plus de 15 centimes sur un même trajet.