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"Ça m’ennuie de déranger" : pour ne plus se faire "klaxonner" sur les routes de l’Hérault, Joëlle affiche un autocollant "senior" sur sa voiture

Une · · Par Claire BERNARD

## Une initiative associative pour apaiser les rapports entre générations au volant Sur les routes de l'Hérault, une automobiliste de 78 ans, Joëlle, résidant à

## Une initiative associative pour apaiser les rapports entre générations au volant Sur les routes de l'Hérault, une automobiliste de 78 ans, Joëlle, résidant à Vias, a choisi d'apposer un autocollant siglé « S » à l'arrière de son véhicule. Une démarche qui, selon le quotidien Midi Libre, vise à signaler aux autres usagers sa condition de conductrice senior et à limiter les manifestations d'impatience dont elle dit faire l'objet. ## Une association pionnière depuis dix ans D'après les informations rapportées par Midi Libre, l'association Signal Senior propose depuis une décennie aux « personnes âgées en légère perte de confiance au volant » de coller cet autocollant distinctif sur leur voiture. Le dispositif, présenté comme un outil de communication non verbal entre conducteurs, entend réduire les tensions liées à la différence de rythme de conduite. Joëlle, citée par le quotidien régional, explique que son choix répond à un sentiment de gêne : « Ça m'ennuie de déranger ». Une formulation qui, selon les observateurs des questions de mobilité, reflète une préoccupation récurrente chez les conducteurs âgés, confrontés à la fois à la pression du trafic et à l'évolution de leurs propres capacités. ## Un enjeu de sécurité et de cohabitation routière L'initiative s'inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur la place des seniors sur la route. En France, selon des données régulièrement citées par les autorités routières, les conducteurs de plus de 75 ans représentent une part minoritaire des accidents, mais leur vulnérabilité en cas de collision demeure supérieure à la moyenne. La question de l'adaptation des comportements — tant des seniors que des autres usagers — revient périodiquement dans le débat public. Le principe de l'autocollant « S » pourrait toutefois susciter des réserves. Certains spécialistes de la sécurité routière estiment que ce type de signalement, s'il peut favoriser la bienveillance, risque également de stigmatiser une population déjà encline à l'auto-restriction de ses déplacements. D'après des études citées par plusieurs associations, la perte de mobilité chez les seniors constitue en effet un facteur documenté d'isolement social. ## Une démarche qui interroge les politiques de mobilité Par ailleurs, l'exemple de Joëlle illustre une réalité souvent peu visible : celle des conducteurs qui continuent de prendre le volant tout en exprimant un manque de confiance croissant. Pour ces personnes, l'autocollant ne relève pas d'une revendication identitaire, mais d'une stratégie d'apaisement destinée à prévenir les conflits d'usage. Toutefois, la portée de cette initiative reste difficile à mesurer. Aucune donnée publique ne permet, à ce stade, d'évaluer l'impact réel du dispositif Signal Senior sur le comportement des autres automobilistes ou sur le nombre d'incidents évités. L'association, de son côté, poursuit sa mission de sensibilisation auprès des seniors et de leurs proches. La question de la cohabitation entre générations sur la route pourrait, en effet, gagner en acuité à mesure que le vieillissement démographique s'accentue dans l'Hexagone. Selon les projections de l'Insee, les personnes de 75 ans et plus représenteront une part croissante de la population dans les prochaines décennies, ce qui pourrait nourrir le débat sur les aménagements nécessaires — techniques, pédagogiques ou réglementaires — pour garantir une mobilité sûre et respectueuse pour tous les usagers.