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C'est "une vraie convergence franco-allemande" selon Emmanuel Macron: l'UE prépare des mesures pour se défendre "rapidement" en cas de conflit commercial

Economie · · Par Julie MOREAU

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## L’UE se dote d’un instrument de riposte commerciale rapide L’Union européenne prépare un nouvel outil destiné à fermer « rapidement et efficacement » l’accès

## L’UE se dote d’un instrument de riposte commerciale rapide L’Union européenne prépare un nouvel outil destiné à fermer « rapidement et efficacement » l’accès à son marché intérieur en cas de conflit commercial avec un pays tiers. L’annonce a été confirmée vendredi par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l’issue d’un sommet des 27 à Bruxelles. Ce dispositif s’inspire directement d’une proposition conjointe de la France et de l’Allemagne, saluée par Emmanuel Macron comme une « vraie convergence franco-allemande ». ## Un outil inspiré d’une proposition franco-allemande Selon les déclarations rapportées par BFM Business, Bruxelles entend s’appuyer sur cette initiative commune pour renforcer son arsenal de défense commerciale. « En s’appuyant sur cette proposition franco-allemande, nous allons développer un nouvel outil qui permettra d’agir rapidement et efficacement, dans l’intérêt de l’UE, en fermant l’accès au marché unique européen », a expliqué Ursula von der Leyen lors d’une conférence de presse. La présidente de la Commission a précisé que ce nouvel instrument ne se substituerait pas aux mécanismes existants : l’UE continuera d’utiliser « autant que nécessaire » ses autres instruments de défense commerciale. Ce choix traduit la volonté de Bruxelles de disposer d’une réponse graduée et immédiatement mobilisable, sans dépendre des procédures plus lentes actuellement en vigueur. ## Paris et Berlin affichent leur unité Emmanuel Macron a salué une « vraie convergence franco-allemande qui a permis d’acter des avancées très concrètes, et un changement de cette politique commerciale (…) face à cette concurrence déloyale ». Le chef de l’État français y voit la traduction d’une « politique commerciale beaucoup plus pragmatique et qui accepte de protéger (…) ses secteurs, ses acteurs économiques face à la concurrence déloyale » de la Chine et d’autres pays. Le chancelier allemand Friedrich Merz s’est également félicité de cette orientation, selon les éléments disponibles. Cette position commune des deux premières économies de la zone euro constitue un signal politique fort, alors que Paris et Berlin ont longtemps divergé sur le degré d’ouverture commerciale à privilégier. ## Pékin met en garde contre le protectionnisme En parallèle, la Chine a réagi en appelant l’UE à « s’abstenir d’instaurer des mesures protectionnistes », rapporte la même source. Cette mise en garde intervient dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre Bruxelles et Pékin, notamment sur les secteurs des véhicules électriques, des technologies vertes et de l’acier. Le nouvel outil européen vise précisément à dissuader les pratiques jugées déloyales, en permettant à l’UE de restreindre l’accès à son marché — un levier considérable, le marché unique représentant l’un des plus vastes espaces de consommation au monde. ## Un tournant dans la doctrine commerciale européenne L’adoption d’un tel mécanisme marquerait une inflexion dans la doctrine commerciale de l’UE, historiquement attachée au multilatéralisme et à la résolution des différends via l’Organisation mondiale du commerce. La proposition franco-allemande, en actant la possibilité d’une riposte rapide et ciblée, traduit une forme de realpolitik assumée face à la multiplication des tensions géoéconomiques. Reste à connaître le calendrier précis de mise en œuvre et le périmètre exact des mesures envisagées, que la Commission n’a pas détaillés à ce stade. L’enjeu est double : doter l’Europe d’un moyen de pression crédible, sans alimenter une escalade protectionniste susceptible de fragiliser ses propres exportateurs.