C'est une première depuis le début de la guerre au Moyen-Orient: le gazole et le SP95 repassent sous 1,90 euro le litre

Les prix des carburants en France viennent de franchir un seuil symbolique inédit depuis le début de la guerre au Moyen-Orient : le gazole et le SP95-E10 repass
Les prix des carburants en France viennent de franchir un seuil symbolique inédit depuis le début de la guerre au Moyen-Orient : le gazole et le SP95-E10 repassent sous la barre des 1,90 euro le litre, tandis que le SP98 s’échange sous les 2,00 euros. Cette baisse, observée ce samedi 27 juin, est directement liée au recul des cours du pétrole, lui-même provoqué par l’annonce d’un accord entre les États-Unis et l’Iran. Pourtant, la situation reste fragile, les prix n’ayant baissé que d’environ 10 % par rapport à la veille du conflit.
Un retour sous les seuils psychologiques
Ce samedi 27 juin, une première depuis le déclenchement des hostilités au Moyen-Orient est enregistrée. Selon un calcul effectué à partir des données gouvernementales, le SP95-E10, essence la plus vendue en France, s’affichait à 1,894 euro le litre en moyenne sur 7.606 stations-service, contre 1,90 euro la veille. Le gazole, dont les prix s’étaient envolés pendant plusieurs mois bien au-dessus de l’essence, s’achetait 1,895 euro le litre, contre 1,904 euro vendredi. Le SP98, davantage utilisé dans les voitures plus anciennes ou de collection, se vendait 1,998 euro le litre, contre 2,003 euro vendredi, soit un retour sous le seuil des 2,00 euros qu’il n’avait pas quitté depuis la mi-mars. Ces chiffres excluent la Corse ainsi que les départements et territoires d’outre-mer.
Une chute des cours liée à un contexte géopolitique
Les prix sont en baisse quasi-continue depuis les déclarations à la mi-juin de Donald Trump sur un accord avec l’Iran pour mettre fin à la guerre lancée par les États-Unis et Israël le 28 février. Cette annonce a provoqué un recul marqué des cours du pétrole, les marchés anticipant une possible désescalade. Vendredi, le prix du baril de Brent, pour livraison en août, a perdu 4,3 % à 71,99 dollars, retrouvant des niveaux comparables à ceux d’avant le conflit. Le West Texas Intermediate (WTI), pour livraison le même mois, a reculé de 3,74 % à 69,23 dollars. Toutefois, les prix à la pompe restent toujours en hausse d’environ 10 % par rapport à ceux pratiqués le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines.
Une baisse qui masque une volatilité persistante
Si ce retour sous les 1,90 euro le litre est une bonne nouvelle pour les automobilistes, il ne faut pas occulter l’extrême instabilité du marché. Le prix du baril continue de fluctuer fortement au gré de l’évolution du conflit, et tout retournement de situation géopolitique pourrait inverser la tendance. Les analystes rappellent que l’accord américano-iranien, bien qu’annoncé, n’est pas encore pleinement mis en œuvre, et que les risques de nouvelles tensions demeurent élevés. En outre, la guerre au Moyen-Orient a profondément perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales, et une normalisation complète des prix pourrait prendre plusieurs mois.
Perspectives : une accalmie sous conditions
La baisse actuelle offre un répit aux ménages français, qui subissaient depuis des mois une inflation des prix à la pompe. Mais cette accalmie est conditionnée à la poursuite de la détente diplomatique. Si l’accord entre les États-Unis et l’Iran se concrétise durablement, les prix pourraient continuer à reculer, voire se stabiliser sous les 1,80 euro le litre. À l’inverse, toute reprise des hostilités ou tout nouvel embargo pourrait faire repartir les cours à la hausse. Les consommateurs et les professionnels du transport suivent donc de près l’évolution de ce dossier, qui reste l’un des principaux indicateurs de la santé économique du pays.