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C’est le médicament le plus consommé par les Français : mais pourquoi le prix du paracétamol pourrait augmenter à l’avenir ?

Une · · Par Claire BERNARD

C’est le médicament le plus consommé par les Français : mais pourquoi le prix du paracétamol pourrait augmenter à l’avenir ?

# Paracétamol : pourquoi le prix du médicament le plus consommé par les Français pourrait augmenter Le paracétamol, médicament le plus consommé en France avec p

# Paracétamol : pourquoi le prix du médicament le plus consommé par les Français pourrait augmenter Le paracétamol, médicament le plus consommé en France avec près de 500 millions de boîtes vendues chaque année, pourrait voir son prix augmenter dans les mois à venir. Selon des informations rapportées par *Midi Libre*, la directrice générale d'Upsa, filiale du groupe Opella (Sanofi) qui produit le Dafalgan et l'Efferalgan, a officiellement demandé une revalorisation du tarif du paracétamol, actuellement fixé à 2,18 euros la boîte, mais dont la part remboursée par l'Assurance maladie ne serait plus que de 76 centimes. ## Une demande de revalorisation qui interroge le modèle économique du médicament ### ### Des marges sous tension pour les producteurs français La patronne d'Upsa a justifié cette demande par la nécessité de préserver la production française de paracétamol, confrontée à une hausse significative des coûts de fabrication. D'après des sources industrielles, le prix du principe actif, importé majoritairement d'Asie, aurait augmenté de près de 30 % depuis 2020. Par ailleurs, les coûts énergétiques et logistiques, particulièrement élevés pour les sites de production situés en France, pèseraient lourdement sur la rentabilité des usines. Upsa, qui emploie plusieurs centaines de salariés sur ses sites de production, notamment dans la région lyonnaise, aurait alerté les autorités sur le risque de délocalisation si aucune revalorisation n'était actée. En effet, le modèle économique actuel, basé sur des prix administrés par le Comité économique des produits de santé (CEPS), laisserait une marge très faible aux producteurs, estimée à moins de 5 % du prix de vente. ### ### Un précédent inquiétant : la pénurie de 2022 Cette situation rappelle les tensions d'approvisionnement observées lors de l'hiver 2022-2023, où une pénurie de paracétamol avait touché plusieurs pharmacies françaises. Selon un rapport de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), cette pénurie était liée à une demande exceptionnelle due aux épidémies hivernales, mais également à une baisse de la production française. Les autorités sanitaires avaient alors dû autoriser des importations en urgence, notamment depuis l'Inde. Ce précédent pourrait expliquer la volonté du gouvernement d'éviter une nouvelle crise, tout en restant prudent sur une hausse des prix qui impacterait directement le pouvoir d'achat des Français. Le paracétamol, utilisé pour traiter la fièvre et les douleurs légères à modérées, est en effet un médicament de première nécessité, souvent prescrit sans ordonnance. ## Les enjeux pour les consommateurs et le système de santé ### ### Un impact direct sur le budget des ménages Si la demande d'Upsa était acceptée, le prix du paracétamol pourrait augmenter de plusieurs dizaines de centimes par boîte, voire davantage. Pour les consommateurs, cette hausse pourrait sembler modeste à l'unité, mais elle représenterait un coût supplémentaire non négligeable pour les familles nombreuses ou les personnes âgées, qui en consomment régulièrement. Actuellement, le paracétamol est remboursé à 65 % par l'Assurance maladie, mais les médicaments non prescrits sur ordonnance, comme certaines marques de paracétamol, sont souvent achetés sans remboursement. Une augmentation du prix de vente pourrait donc peser sur le budget santé des ménages, d'autant plus que le paracétamol est souvent utilisé en automédication. ### ### Une négociation délicate avec les autorités Le Comité économique des produits de santé (CEPS), qui fixe les prix des médicaments remboursables, devrait examiner cette demande dans les prochains mois. Selon des sources proches du dossier, le gouvernement pourrait être réticent à accorder une hausse significative, craignant un effet domino sur d'autres médicaments essentiels. Toutefois, la nécessité de maintenir une production française souveraine, notamment dans le contexte de tensions géopolitiques et de dépendance aux importations asiatiques, pourrait peser dans la balance. Le ministre de la Santé aurait d'ailleurs récemment évoqué la possibilité d'une "revalorisation ciblée" pour les médicaments produits localement, sans toutefois préciser de montant. ## Une décision attendue sous pression La décision du CEPS est attendue avec impatience par les acteurs du secteur. D'un côté, les producteurs français, comme Upsa, plaident pour une revalorisation qui leur permettrait de maintenir leurs marges et d'investir dans la production locale. De l'autre, les associations de consommateurs et les autorités sanitaires redoutent une hausse des prix qui pourrait pénaliser les plus vulnérables. Le paracétamol, bien que bon marché, reste un indicateur de la santé économique du système de santé français : sa revalorisation pourrait ouvrir la voie à des discussions plus larges sur le prix des médicaments essentiels. À l'heure où la France cherche à renforcer sa souveraineté sanitaire, cette affaire illustre les tensions entre rentabilité industrielle et accessibilité des soins.