"C'est maintenant le tour d'Ozon": après Wildberries, l'Ukraine s'attaque à l'autre géant du commerce en ligne en Russie

L'armée ukrainienne intensifie sa campagne de frappes contre les infrastructures logistiques russes, en élargissant désormais ses cibles au numéro 2 de l'e-comm
L'armée ukrainienne intensifie sa campagne de frappes contre les infrastructures logistiques russes, en élargissant désormais ses cibles au numéro 2 de l'e-commerce local, Ozon. Après des mois de frappes répétées contre les entrepôts de Wildberries, le géant du secteur, Kiev a touché dimanche 23 août un centre logistique d'Ozon dans la région d'Orenbourg, pour la deuxième journée consécutive. Cette escalade, revendiquée par le ministère ukrainien de la Défense, marque un nouveau chapitre dans une stratégie visant à affaiblir l'économie russe par des attaques sur des cibles civiles à haute valeur symbolique et économique.
### Une campagne élargie contre les hubs logistiques
Le communiqué publié dimanche par Ozon confirme qu'un incendie s'est déclaré dans l'un de ses centres de logistique situé dans la région centrale d'Orenbourg, à la suite d'une frappe de drone ukrainien. Plus de 300 employés ont dû être évacués du site, selon l'entreprise. La veille, un autre entrepôt de la société, implanté dans la région voisine de Samara, avait déjà été touché, faisant plusieurs blessés, toujours d'après les déclarations d'Ozon. Ces deux attaques consécutives s'inscrivent dans une annonce plus large faite samedi par le ministère ukrainien de la Défense sur Telegram : « Après que les unités ukrainiennes ont touché les 15 plus grands hubs logistiques de Wildberries, c'est maintenant le tour d'Ozon ». Cette déclaration officialise une extension de la campagne militaire ukrainienne, qui cible depuis plusieurs mois les infrastructures logistiques russes, avec une attention particulière portée aux géants du commerce en ligne.
### Des dégâts chiffrés en milliards de dollars
Les frappes sur ces entrepôts, considérés comme bien moins défendus que des cibles militaires traditionnelles, ont déjà provoqué des dégâts matériels considérables. Plusieurs centres logistiques ont été entièrement ravagés par les incendies, et les pertes sont évaluées en milliards de dollars. Dimanche, en banlieue de Saint-Pétersbourg, un autre incendie s'est déclaré sur une surface de 82 000 mètres carrés dans un centre logistique voisin de celui d'Ozon, après une frappe de drone, selon les services de secours et l'entreprise Logistera. Cette série d'attaques illustre la vulnérabilité de ces infrastructures, essentielles au fonctionnement du commerce en ligne russe, mais également leur rôle stratégique dans l'économie du pays. Wildberries et Ozon, souvent comparées à Amazon pour leur mainmise sur le secteur en Russie, se trouvent en première ligne de ce conflit économique. Le président russe Vladimir Poutine a d'ailleurs apporté son soutien mercredi à Wildberries, annonçant que le gouvernement devait adopter des mesures pour reconstruire les entrepôts détruits, sans toutefois préciser le calendrier ou l'enveloppe budgétaire allouée à cette reconstruction.
### Un enjeu économique et symbolique pour Moscou
Au-delà des pertes matérielles, ces frappes représentent un défi logistique et symbolique pour Moscou. La destruction de ces hubs, qui assurent la distribution de marchandises à travers un pays aussi vaste que la Russie, pourrait perturber les chaînes d'approvisionnement et exacerber les tensions sur les prix. Kiev justifie ces attaques en affirmant que ces entreprises fournissent des composants à l'armée russe, une allégation que les sociétés concernées n'ont pas commentée publiquement. Alors que la campagne ukrainienne s'étend désormais à Ozon, la question de la résilience du secteur logistique russe se pose avec acuité. Les mesures annoncées par Vladimir Poutine pour reconstruire les entrepôts détruits devront être rapidement concrétisées pour limiter l'impact sur une économie déjà soumise à de fortes pressions. La poursuite de ces frappes, qui semblent s'inscrire dans une stratégie de long terme, pourrait contraindre les acteurs du e-commerce russe à repenser entièrement leur maillage territorial et leurs dispositifs de sécurité.