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"C'est honteux, il faut qu'il parte": après Mélenchon qui l'avait menacé de poursuites, le RN réclame à son tour la démission du gouverneur de la Banque de France

Economie · · Par Julie MOREAU

## Le RN demande la démission du gouverneur de la Banque de France après ses propos sur le budget La pression politique s'intensifie autour du gouverneur de la

## Le RN demande la démission du gouverneur de la Banque de France après ses propos sur le budget La pression politique s'intensifie autour du gouverneur de la Banque de France. Après Jean-Luc Mélenchon, c'est au tour du Rassemblement national de réclamer le départ d'Emmanuel Moulin, accusé d'avoir franchi une ligne rouge en évoquant les mécanismes constitutionnels permettant d'adopter un budget sans majorité parlementaire. ## Une sortie qui passe mal Les propos tenus par Emmanuel Moulin lors de l'assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) à Bangkok ont mis le feu aux poudres. Le gouverneur de la Banque de France avait alors appelé le monde politique français à "prendre (ses) responsabilités" pour permettre l'adoption d'un budget, rappelant qu'"il existe un certain nombre de dispositions dans la Constitution française permettant qu'un budget soit voté ou adopté même sans majorité au Parlement". Une allusion à peine voilée à l'article 49.3 ou au recours aux ordonnances, qui n'a pas manqué de faire réagir l'ensemble de la classe politique. ## Tanguy dénonce un manque de neutralité Jeudi, le député RN Jean-Philippe Tanguy a haussé le ton sur le plateau de France 2. "C'est honteux. M. Moulin se comporte toujours comme un macroniste et pas comme le gouverneur de la Banque de France. Il faut qu'il parte", a-t-il déclaré, estimant que le responsable "a franchi la ligne rouge". Le parlementaire d'extrême droite a insisté sur l'exigence de neutralité attachée à cette fonction. "Quand vous êtes à la tête de la Banque de France, quand vous êtes à la tête du Conseil constitutionnel, vous devez être parfaitement neutre, vous ne devez pas faire de politique", a-t-il martelé, dans une formule qui vise également d'autres institutions. ## Une offensive en deux temps Cette sortie du RN s'inscrit dans une séquence plus large. Mercredi, Marine Le Pen avait déjà réclamé la démission du président du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand, qui avait jugé qu'on ne pouvait réviser la Constitution directement par référendum via l'article 11, en contournant le Parlement, comme le souhaiterait la candidate RN à la présidentielle. Une double offensive donc, qui cible deux figures clés de l'appareil institutionnel français. Le Rassemblement national entend ainsi contester la légitimité de responsables nommés sous la présidence d'Emmanuel Macron, sur des sujets hautement sensibles touchant au fonctionnement même de la Ve République. ## Mélenchon avait ouvert le feu Avant le RN, Jean-Luc Mélenchon s'en était également pris au gouverneur de la Banque de France, menaçant même celui-ci de poursuites. Une convergence inattendue entre les deux extrêmes, qui illustre la défiance croissante d'une partie de la classe politique envers les institutions économiques et constitutionnelles. Le patron de La France insoumise avait contesté le rôle politique prêté à Emmanuel Moulin, dont les déclarations ont été perçues comme une validation implicite de l'usage de l'article 49.3 pour faire passer un budget en l'absence de majorité à l'Assemblée nationale. ## Un climat institutionnel sous tension Cette polémique intervient dans un contexte budgétaire particulièrement tendu, alors que l'exécutif cherche les voies juridiques lui permettant d'adopter un budget sans majorité parlementaire claire. Les appels du gouverneur de la Banque de France à la "responsabilité" des responsables politiques résonnent comme un avertissement sur les conséquences économiques d'une paralysie institutionnelle. Mais en s'exprimant sur un terrain aussi directement politique, Emmanuel Moulin s'expose à des critiques sur sa propre neutralité — un reproche qui pourrait fragiliser la position de l'institution monétaire dans les semaines à venir. La question reste désormais de savoir si ces appels à la démission, venus des deux bords de l'échiquier politique, resteront de simples postures rhétoriques ou se transformeront en véritable crise institutionnelle.