"C’est du foutage de gueule" : le projet de déremboursement des cures fait exploser la colère des premiers thermes de France à Balaruc-les-Bains

La décision du gouvernement de transférer le remboursement des cures thermales aux complémentaires santé suscite une vive inquiétude à Balaruc-les-Bains, dans l
La décision du gouvernement de transférer le remboursement des cures thermales aux complémentaires santé suscite une vive inquiétude à Balaruc-les-Bains, dans l'Hérault, où se situe la première station thermale de France. Selon des informations rapportées par Midi Libre, cette mesure, encore à l'état de projet, provoque la colère des professionnels du secteur, qui redoutent des conséquences économiques et sanitaires majeures pour l'ensemble de la filière.
## Une mesure qui passe mal auprès des professionnels
D'après les propos relayés par Midi Libre, le directeur de l'établissement thermal de Balaruc-les-Bains n'a pas mâché ses mots face à ce qu'il considère comme une décision incompréhensible. « C'est du foutage de gueule », aurait-il déclaré, exprimant ainsi un sentiment de trahison partagé par de nombreux acteurs du thermalisme français. Le transfert du remboursement des cures vers les complémentaires santé pourrait, en effet, entraîner une baisse significative de la fréquentation, les patients devant désormais avancer des frais que l'Assurance maladie prenait jusqu'ici en charge. Cette perspective inquiète d'autant plus que Balaruc-les-Bains constitue un pilier économique pour le territoire.
## Balaruc-les-Bains, un poids lourd du thermalisme national
Première station thermale de France, Balaruc-les-Bains accueille chaque année des dizaines de milliers de curistes venus principalement pour des traitements liés aux affections rhumatologiques et gynécologiques. Selon des sources professionnelles citées par Midi Libre, l'établissement représente un moteur économique majeur pour la région, générant des centaines d'emplois directs et indirects. Une réduction du remboursement pourrait fragiliser cet équilibre, notamment pour les patients aux revenus modestes, pour qui la cure thermale demeure une alternative thérapeutique accessible. Le directeur de la station aurait également souligné que cette mesure pourrait détourner une partie de la patientèle vers des soins moins adaptés, avec des répercussions potentielles sur la santé publique.
## Un secteur déjà fragilisé par les réformes successives
Cette annonce intervient dans un contexte où le thermalisme français a déjà subi plusieurs ajustements réglementaires ces dernières années. Le secteur, qui compte plus d'une centaine d'établissements sur le territoire, emploie plusieurs milliers de personnes et génère un chiffre d'affaires estimé à plusieurs centaines de millions d'euros. Selon des analyses syndicales, la prise en charge des cures par l'Assurance maladie représente un enjeu de santé publique, notamment pour les patients atteints de maladies chroniques. Le transfert vers les complémentaires santé pourrait, en effet, créer des inégalités d'accès, toutes les mutuelles ne couvrant pas ces prestations de manière homogène.
## Des inquiétudes qui dépassent le seul cas de Balaruc
Par ailleurs, cette mesure pourrait avoir des répercussions bien au-delà de la station héraultaise. D'après des représentants de la filière thermale, l'ensemble des stations françaises redoute un effet domino, avec une possible désaffection des curistes et une contraction de l'activité. Les organisations professionnelles appellent à une concertation approfondie avant toute mise en œuvre, estimant que l'impact sanitaire et économique n'a pas été suffisamment évalué. Toutefois, le gouvernement n'a pas encore confirmé officiellement le calendrier ni les modalités précises de cette réforme, laissant planer une incertitude sur l'avenir du secteur.
La colère exprimée à Balaruc-les-Bains illustre ainsi les tensions croissantes autour du financement des politiques de santé. Si le projet venait à se concrétiser, il pourrait redessiner en profondeur le paysage du thermalisme français, avec des conséquences encore difficiles à mesurer pour les territoires qui en dépendent économiquement.