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"C’était un carnage" : épisiotomie ratée, pose de stérilet forcée… deux victimes de violences gynécologiques racontent leur calvaire

Une · · Par Claire BERNARD

"C’était un carnage" : épisiotomie ratée, pose de stérilet forcée… deux victimes de violences gynécologiques racontent leur calvaire Le 18 juin 2026, une enquêt

"C’était un carnage" : épisiotomie ratée, pose de stérilet forcée… deux victimes de violences gynécologiques racontent leur calvaire

Le 18 juin 2026, une enquête nationale de l’association Stop aux violences gynécologiques et obstétricales a mis en lumière l’ampleur d’un phénomène longtemps resté dans l’ombre. Selon ce rapport, fondé sur un échantillon de 10 152 femmes, 45,1 % d’entre elles déclarent avoir subi au moins un acte de violence gynécologique ou obstétricale au cours de leur vie. Derrière ce chiffre, des récits individuels témoignent de traumatismes profonds.

Des actes médicaux vécus comme des agressions

Parmi les témoignages recueillis par l’enquête, celui d’une patiente de 34 ans, originaire de Montpellier, illustre la brutalité de certaines interventions. Elle raconte avoir subi une épisiotomie qu’elle qualifie de « carnage » lors de son premier accouchement, en 2023. Selon ses dires, l’incision aurait été pratiquée sans explication préalable ni consentement éclairé, et les suites opératoires auraient été marquées par des douleurs persistantes et une absence de suivi médical adapté. L’association précise que ce type de geste, lorsqu’il est réalisé sans information préalable, constitue une violation du droit des patientes à l’autonomie corporelle.

Un second cas, rapporté par une femme de 28 ans vivant en région parisienne, concerne une pose de stérilet effectuée contre sa volonté explicite. La patiente affirme avoir refusé à plusieurs reprises cette contraception lors de consultations précédentes, mais que le dispositif lui aurait été inséré lors d’un examen gynécologique de routine, sans son accord. Ce geste, décrit comme une « agression », aurait entraîné des complications infectieuses et un suivi psychologique lourd. Le rapport de l’association souligne que 12,3 % des femmes interrogées déclarent avoir subi un acte médical non consenti, un chiffre en hausse par rapport aux études précédentes.

Un contexte de sous-signalement persistant

L’enquête de 2026 met également en évidence un écart significatif entre la prévalence déclarée des violences et le nombre de plaintes déposées. D’après les données recueillies, seules 8 % des femmes ayant vécu une situation de violence gynécologique auraient engagé une procédure judiciaire ou une plainte auprès de l’Ordre des médecins. Les causes invoquées incluent la peur de ne pas être crues, la crainte de représailles médicales, ou encore la méconnaissance de leurs droits. L’association appelle à une meilleure formation des professionnels de santé sur le consentement et la communication, ainsi qu’à la mise en place de procédures de signalement plus accessibles.

Des implications pour la pratique médicale

Ces témoignages s’inscrivent dans un débat plus large sur les pratiques obstétricales et gynécologiques en France. Depuis plusieurs années, des associations et des collectifs de patientes dénoncent des gestes jugés invasifs ou traumatisants, comme les touchers vaginaux répétés sans explication, les épisiotomies systématiques, ou encore les césariennes non programmées. Le rapport de juin 2026 recommande notamment l’instauration d’un « consentement éclairé systématique » pour tout acte médical, ainsi que la création d’un observatoire national des violences gynécologiques. Toutefois, les professionnels de santé interrogés par l’association rappellent que la majorité des praticiens exercent dans le respect des règles déontologiques, et que ces cas, bien que graves, ne sauraient généraliser l’ensemble de la profession.

La publication de cette enquête intervient alors que le gouvernement a annoncé, en mars 2026, un plan de lutte contre les violences faites aux femmes incluant un volet spécifique sur les violences médicales. Reste à savoir si ces mesures parviendront à réduire le nombre de femmes concernées, alors que près d’une sur deux déclare encore subir de telles pratiques.