C’était ça ou mourir, le roman phénomène de la rentrée, a-t-il été écrit avec l’IA ?

Un roman phénomène de la rentrée littéraire sous le soupçon de l'intelligence artificielle C'est une controverse qui pourrait marquer un tournant dans le monde
Un roman phénomène de la rentrée littéraire sous le soupçon de l'intelligence artificielle
C'est une controverse qui pourrait marquer un tournant dans le monde de l'édition française. Selon une enquête publiée par Le Figaro le 22 septembre 2026, le roman C'était ça ou mourir, présenté comme l'un des phénomènes de la rentrée littéraire, fait l'objet d'accusations portant sur une possible coécriture assistée par intelligence artificielle. Une hypothèse qui, si elle se confirmait, constituerait une première pour un ouvrage de cette envergure.
Un succès commercial et critique hors norme
Paru d'abord au Québec chez Boréal en mars 2026, puis chez Grasset le 19 août de la même année, le roman s'est écoulé à près de 35 000 exemplaires en cinq semaines seulement, selon les chiffres rapportés par Le Figaro. Cette performance commerciale s'accompagne d'une reconnaissance institutionnelle rare pour un premier roman : l'ouvrage figure sur presque toutes les grandes premières listes de l'automne, notamment celles du Goncourt, du Renaudot, du Femina, du Médicis et du Goncourt des Lycéens. Lundi, il a également remporté le prix du roman Fnac, confirmant son statut de favori dans la course aux distinctions littéraires.
Son auteur, Thélyson Orélien, est un poète et romancier d'origine haïtienne installé à Ottawa. Le récit, présenté comme un premier roman, retrace l'exil de Jonas Dorléon, depuis Haïti jusqu'au Canada. Une trajectoire qui résonne avec le parcours personnel de l'écrivain et qui a probablement contribué à l'écho médiatique de l'œuvre.
Une accusation inédite dans le milieu littéraire
D'après l'enquête du Figaro, le romancier serait accusé d'avoir coécrit son texte avec l'intelligence artificielle. Le quotidien indique avoir « passé au crible le texte » et interrogé plusieurs experts pour tenter de vérifier la nature de l'accusation. Si celle-ci se confirmait, elle représenterait un cas sans précédent pour un roman de cette ampleur, alors que les soupçons d'usage de l'IA se limitent pour l'instant à des romances autoéditées sur Amazon, selon la même source.
Cette affaire intervient dans un contexte où les outils de génération de texte suscitent des débats croissants au sein du secteur éditorial. La détection fiable d'une écriture assistée par IA demeure toutefois un exercice complexe, les experts eux-mêmes divergeant sur les méthodes d'analyse et la valeur probante des indices stylistiques ou statistiques.
Des enjeux institutionnels et éthiques considérables
L'onde de choc potentielle dépasse le seul cas de Thélyson Orélien. Une confirmation des soupçons poserait la question de l'encadrement des œuvres soumises aux prix littéraires, dont les règlements n'intègrent pas encore explicitement la question de l'intelligence artificielle. Elle interrogerait également la responsabilité des maisons d'édition, en l'occurrence Boréal et Grasset, quant à la vérification de l'origine des manuscrits qu'elles publient.
À ce stade, aucune confirmation officielle n'a été apportée, et l'auteur comme ses éditeurs n'ont pas publiquement réagi aux accusations rapportées par Le Figaro. L'enquête du quotidien, réservée à ses abonnés, laisse ainsi ouverte une question qui pourrait redéfinir les frontières entre création humaine et assistance algorithmique dans le champ littéraire.