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C'est dans une économie en décrépitude que s'ouvre le "Davos russe" présidé par Vladimir Poutine (et étonnamment les Allemands vont y participer)

Economie · · Par Julie MOREAU

C'est dans une économie en décrépitude que s'ouvre le

# Saint-Pétersbourg : le "Davos russe" s'ouvre sur fond d'économie chancelante et de retour allemand inattendu Le Forum économique international de Saint-Péters

# Saint-Pétersbourg : le "Davos russe" s'ouvre sur fond d'économie chancelante et de retour allemand inattendu Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF), fréquemment surnommé le "Davos russe", s'apprête à accueillir du 3 au 6 juin prochain des délégations internationales sous la présidence de Vladimir Poutine. Alors que l'économie russe affiche des signes d'essoufflement et que les sanctions occidentales pèsent toujours, un retour surprenant s'annonce : des entreprises allemandes participeront officiellement pour la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine, afin de préserver leurs intérêts économiques dans le pays. ## Un retour allemand motivé par des intérêts stratégiques Matthias Schepp, président du conseil d'administration de la Chambre de commerce germano-russe, a justifié cette décision par la nécessité de protéger les actifs allemands présents en Russie. Selon ses déclarations relayées par *Die Zeit*, ces actifs représenteraient plus de 100 milliards d'euros, un montant suffisamment conséquent pour que les milieux d'affaires outre-Rhin reconsidèrent leur posture d'évitement adoptée depuis l'invasion de l'Ukraine. Schepp estime par ailleurs qu'après un éventuel cessez-le-feu, l'Allemagne suivrait la même approche que d'autres puissances occidentales, alors que des représentants des États-Unis et de la France participent déjà à un dialogue économique avec Moscou depuis l'an dernier. Cette réorientation des grandes puissances économiques occidentales pourrait signaler un changement progressif de stratégie vis-à-vis de la Russie. L'idée sous-jacente, défendue par Schepp, serait de ne pas abandonner durablement le vaste marché russe et ses ressources naturelles au profit de l'Asie, et en particulier de la Chine. ## Une économie russe sous tension Paradoxalement, ce retour des investisseurs allemands intervient alors que l'économie russe donne des signes de fragilité. Selon les informations rapportées par BFM Business, de plus en plus de responsables économiques estiment qu'une fin de la guerre serait essentielle pour relancer durablement la croissance. Les indicateurs récents montrent un essoufflement manifeste, malgré les discours officiels vantant une résilience face aux sanctions occidentales. Le commerce bilatéral entre l'Allemagne et la Russie illustre cette dégradation : alors qu'il atteignait encore environ 59 à 60 milliards d'euros en 2021, il est tombé sous la barre des 10 milliards d'euros en 2024-2025. Cette chute vertigineuse de près de 83 % en quatre ans reflète l'impact des sanctions et la réorientation des flux commerciaux. ## La Chine profite du désengagement occidental Pendant que les entreprises européennes réduisaient leur exposition, la Chine a intensifié sa présence économique en Russie. Le premier trimestre de l'année a vu la création de 1.400 nouvelles entreprises chinoises sur le territoire russe, un chiffre qui témoigne de la stratégie de Moscou visant à compenser l'isolement occidental par un recentrage vers l'Asie. Pour les Allemands, le risque est désormais celui d'un abandon définitif de parts de marché au profit de Pékin, dans un contexte où les ressources énergétiques et les matières premières russes restent stratégiques. Le Forum de Saint-Pétersbourg s'annonce donc comme un rendez-vous clé pour observer les nouvelles dynamiques géoéconomiques qui se dessinent, entre pressions géopolitiques, impératifs commerciaux et recomposition des alliances.