"C'est comme si vous criez très fort à côté de deux personnes qui discutent": comment l'armée s'entraîne à brouiller les drones ennemis... avant de sortir le fusil à pompe

## L'armée française s'entraîne à neutraliser les drones hostiles, du brouillage au fusil à pompe L'armée de l'Air et de l'Espace a organisé l'exercice XLAD26,
## L'armée française s'entraîne à neutraliser les drones hostiles, du brouillage au fusil à pompe
L'armée de l'Air et de l'Espace a organisé l'exercice XLAD26, un entraînement de grande ampleur destiné à tester ses capacités de lutte contre les petits drones, rapporte BFM Business. L'opération, qui s'est déroulée sur plusieurs sites en France, intervient à quelques jours de la venue du pape Léon XIV, un événement qui exige un dispositif de sécurité aérienne renforcé.
## Un exercice multi-sites et multi-scénarios
Le camp de la Brigade motorisée de la Gendarmerie nationale à Beynes, dans les Yvelines, a servi de site principal à cet exercice. Au total, 180 participants ont pris part aux manœuvres, qui se sont également déroulées à Avord dans le Cher, à Marseille et à Hyères. Pendant plusieurs jours, une vingtaine de scénarios ont été joués, allant du simple drone « un peu curieux » jusqu'à l'attaque en essaim, selon les informations relayées par BFM Business. La police et la gendarmerie étaient associées à l'armée pour cette session d'entraînement. Le général de brigade aérienne Gilles Juventin, commandant la Brigade aérienne de la posture permanente de sûreté (GBAPPS) du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), a supervisé l'exercice avec le lieutenant-colonel Lionel.
## Le brouillage, première ligne de défense
Face à la menace drone, le brouillage demeure le moyen d'intervention privilégié. La séquence est décrite de façon précise : un opérateur localise l'engin sur son écran, reçoit l'ordre, puis déclenche le brouillage en un clic. Quelques secondes suffisent pour observer le résultat. « Il a été brouillé, ça a été efficace », explique un militaire cité par BFM Business, montrant sur son écran le drone hostile faire demi-tour. Autour de l'opérateur, un dispositif complet est déployé : un radar, des caméras, un centre de commandement et un brouilleur. Le général Juventin résume le principe du brouillage par une analogie simple : « C'est comme si vous criez très fort à côté de deux personnes qui discutent. » L'objectif est de saturer la liaison entre le drone et son opérateur pour le rendre inopérant.
## Du fusil à pompe aux drones intercepteurs
Lorsque le brouillage ne suffit pas, le dispositif monte en puissance. Des fusils à pompe peuvent être employés pour abattre l'engin, tout comme des drones intercepteurs capables de neutraliser d'autres drones en vol. Une « véritable bulle » de protection se met alors en place, décrit le général Juventin, pour contrer une menace qualifiée de « fugace ». Cette gradation des moyens de riposte illustre la difficulté à traiter une cible de quelques centimètres, rapide et évoluant à basse altitude. La question de la chute de l'appareil est également intégrée à la préparation : « Si un drone tombe, il doit tomber dans une zone qui n'est pas dangereuse », souligne le général, une contrainte qui impose d'anticiper la trajectoire de neutralisation pour éviter tout risque pour les personnes au sol.
## Un enjeu capacitaire à l'approche d'un événement sensible
Cet exercice s'inscrit dans une montée en puissance face à une menace jugée sérieuse, à quelques jours de la visite du pape Léon XIV en France. « On a été très loin dans les scénarios pour identifier les trous capacitaires », explique le général Gilles Juventin, une formulation qui traduit la volonté de l'armée de détecter ses faiblesses avant qu'elles ne soient exploitées. La multiplication des sites d'entraînement et la diversité des scénarios joués témoignent d'une approche globale, associant détection, brouillage et interception. L'enjeu dépasse le cadre de l'exercice : il s'agit de démontrer une capacité opérationnelle crédible face à une menace drone en constante évolution, dans un contexte sécuritaire où chaque défaillance peut avoir des conséquences lourdes.