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C’est à Banyuls qu’est née la première photographie sous-marine mondiale signée Louis Boutan, en 1893

Une · · Par Claire BERNARD

C’est à Banyuls qu’est née la première photographie sous-marine mondiale signée Louis Boutan, en 1893

## Une première mondiale née au bord de la Méditerranée C'est sur la côte Vermeille, à Banyuls-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales, qu'a été réalisée en 1893

## Une première mondiale née au bord de la Méditerranée C'est sur la côte Vermeille, à Banyuls-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales, qu'a été réalisée en 1893 la première photographie sous-marine de l'histoire. Selon les informations rapportées par Midi Libre, cette prouesse technique est l'œuvre de Louis Boutan, un biologiste versaillais parti sur les traces de Nicéphore Niépce, l'inventeur de la photographie, mais cette fois-ci sous la surface de l'eau. L'événement, survenu il y a près de cent trente ans, marque une étape fondatrice dans l'histoire de l'exploration scientifique des milieux marins. ## Un scientifique au service de l'observation marine D'après les éléments rapportés par le quotidien régional, Louis Boutan n'était pas un photographe de métier, mais un biologiste. Cette double compétence semblerait avoir été déterminante dans sa démarche : il ne s'agissait pas tant de produire une image spectaculaire que de disposer d'un outil d'observation rigoureux pour étudier la faune et la flore sous-marines. En effet, à la fin du XIXe siècle, les naturalistes ne pouvaient documenter les fonds marins qu'à travers des croquis réalisés après remontée, une méthode nécessairement approximative. Le choix de Banyuls ne serait pas anodin. Le laboratoire Arago, fondé quelques années plus tôt dans cette commune littorale, constituait alors un pôle de recherche en biologie marine. Louis Boutan y aurait trouvé un cadre scientifique adapté à ses expérimentations, ainsi qu'un accès direct à une mer Méditerranée riche en biodiversité. ## Une prouesse technique dans un environnement hostile Réaliser une photographie sous l'eau en 1893 relevait du défi technique. À cette époque, les appareils photographiques utilisaient des plaques de verre sensibles à la lumière, et l'eau salée constituait un milieu particulièrement agressif pour les mécanismes et les optiques. Selon les informations de Midi Libre, Louis Boutan aurait dû concevoir lui-même un caisson étanche capable de résister à la pression et à la corrosion, tout en permettant le déclenchement de la prise de vue. La lumière représentait une difficulté supplémentaire, d'autant plus que la profondeur réduit rapidement l'intensité lumineuse. Le biologiste aurait ainsi été conduit à expérimenter des dispositifs d'éclairage artificiel, une démarche qui préfigure les techniques modernes de photographie sous-marine utilisées aujourd'hui par les scientifiques et les plongeurs. ## Un héritage scientifique durable Cette première mondiale demeure, selon toute vraisemblance, méconnue du grand public. Pourtant, elle ouvre la voie à un champ entier de la recherche océanographique : l'image sous-marine comme instrument de connaissance. Les travaux de Louis Boutan auraient ainsi inspiré, par la suite, des générations de biologistes marins et de photographes spécialisés. Le site de Banyuls-sur-Mer conserve aujourd'hui une place particulière dans cette histoire, rappelant que certaines avancées majeures naissent loin des grands centres urbains, au contact direct du terrain. Le laboratoire Arago, devenu un observatoire océanologique de référence, poursuit d'ailleurs des travaux qui s'inscrivent dans cette continuité.