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"C'est un acte de trahison, il sera poursuivi pour cela": Jean-Luc Mélenchon s'en prend au gouverneur de la Banque de France pour ses propos sur la dette

Economie · · Par Julie MOREAU

## Mélenchon accuse le gouverneur de la Banque de France de "trahison" Jean-Luc Mélenchon a vivement réagi, mardi 6 octobre, aux propos tenus la veille par le g

## Mélenchon accuse le gouverneur de la Banque de France de "trahison" Jean-Luc Mélenchon a vivement réagi, mardi 6 octobre, aux propos tenus la veille par le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, sur la dette publique française. Le candidat de La France Insoumise à l'élection présidentielle de 2027 a qualifié ces déclarations d'"acte de trahison" sur le réseau social X, menaçant explicitement le responsable de poursuites judiciaires après l'échéance électorale. ## Des propos tenus dans un quotidien financier britannique Emmanuel Moulin s'était exprimé lundi dans les colonnes du Financial Times, journal financier britannique, sur la situation budgétaire française. Selon lui, "si nous n'agissons pas, il existe effectivement un risque d'être progressivement étranglés par la hausse des taux d'intérêt". Le gouverneur a appelé à "rester maîtres de notre destin", positionnement qui intervient alors que le gouvernement a déposé en fin de semaine dernière son projet de loi budgétaire à l'Assemblée nationale. Emmanuel Moulin s'est ainsi clairement prononcé en faveur d'un budget visant à réduire les dépenses publiques et le déficit, estimant que "les marchés seront rassurés" par une telle orientation. Il a toutefois nuancé son propos en soulignant que "la France n'est pas la Grèce de la crise de la zone euro", écartant un parallèle avec la situation grecque lors de la crise de la dette souveraine. ## Une attaque frontale contre le gouverneur La réaction de Jean-Luc Mélenchon n'a pas tardé. Sur X, le leader insoumis a accusé le gouverneur de la Banque de France de prendre "publiquement parti contre son pays à l'étranger en appelant implicitement les spéculateurs à sanctionner la France à cause de mes propositions". Il a rappelé qu'Emmanuel Moulin avait été "secrétaire général de l'Élysée entre avril 2025 et mai 2026", soulignant sa proximité passée avec Emmanuel Macron. "C'est un acte de trahison", a martelé le candidat. Il a ajouté une menace explicite : "Il n'y aura pas de prescription en 2027. Il sera poursuivi pour cela." Le ton est monté d'un cran supplémentaire lorsque l'ancien député des Bouches-du-Rhône a exprimé son exaspération : "Ras-le-bol de ces soi-disant élites qui crient au drame qu'elles veulent créer pour peser sur le peuple." ## Deux lectures antagonistes de la dette Cette polémique illustre l'affrontement entre deux conceptions économiques radicalement opposées. D'un côté, le gouverneur de la Banque de France insiste sur la nécessité de maîtriser les finances publiques pour éviter une spirale de la dette et préserver la crédibilité de la France sur les marchés. De l'autre, Jean-Luc Mélenchon dénonce un discours qu'il juge destiné à imposer des coupes budgétaires et à faire pression sur les choix politiques, notamment à travers ses propres propositions programmatiques. ## Un contexte budgétaire tendu Cette passe d'armes intervient dans un moment charnière : le projet de loi de finances est actuellement discuté à l'Assemblée nationale, et les débats sur le déficit et la dette structurent l'agenda politique. La charge de Jean-Luc Mélenchon, qui promet des poursuites judiciaires en 2027, marque une escalade verbale inédite entre un candidat à la présidentielle et un gouverneur de la Banque de France, institution pourtant garante de l'indépendance monétaire. Le débat sur la soutenabilité des finances publiques françaises s'annonce comme l'un des axes majeurs de la prochaine campagne électorale.