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Buenos Aires a durci le ton envers Londres: l'Argentine dépose cinq plaintes contre des projets pétroliers autour des îles disputées des Malouines

Economie · · Par Julie MOREAU

Buenos Aires a durci le ton envers Londres: l'Argentine dépose cinq plaintes contre des projets pétroliers autour des îles disputées des Malouines

Le gouvernement argentin a officiellement annoncé, lundi soir, le dépôt de cinq plaintes visant des entreprises soupçonnées d'être liées à des projets pétrolier

Le gouvernement argentin a officiellement annoncé, lundi soir, le dépôt de cinq plaintes visant des entreprises soupçonnées d'être liées à des projets pétroliers autour des îles Malouines, archipel de l'Atlantique sud dont la souveraineté est disputée avec le Royaume-Uni depuis 1833. Cette action judiciaire marque une escalade significative dans la rhétorique de Buenos Aires, qui avait déjà durci le ton ces derniers jours, notamment à travers un discours offensif du président ultralibéral Javier Milei. Les plaintes ciblent spécifiquement des sociétés qui "disposeraient présumément de licences accordées" par Londres pour explorer ou exploiter des hydrocarbures dans le bassin Malouines Nord, en violation d'une loi argentine adoptée en 2011. ## Des cibles précises dans le secteur des hydrocarbures Selon le communiqué de la présidence argentine, les plaintes visent la société pétrolière israélienne Navitas, à travers plusieurs de ses filiales — Navitas Petroleum Development & Production Ltd, Navitas Petroleum Atlantic United et Navitas Petroleum LP — ainsi que la société canadienne JHI Associates Inc et son actionnaire Eco Atlantic Oil & Gas Ltd. Ces entreprises sont accusées d'avoir des liens présumés avec des projets pétroliers dans une zone que l'Argentine considère comme relevant de sa souveraineté. La loi argentine de 2011, invoquée dans cette procédure, prévoit des sanctions pouvant aller jusqu'à des interdictions d'exercer de vingt ans, ainsi que des peines de prison pour les contrevenants. Cette base juridique, bien que non reconnue par Londres, constitue l'outil principal dont dispose Buenos Aires pour dissuader les investisseurs étrangers de s'engager dans l'exploration pétrolière autour de l'archipel. ## Un contexte diplomatique tendu Cette annonce intervient cinq jours après un discours particulièrement offensif de Javier Milei sur la question des Malouines, un sujet central dans l'identité nationale argentine. Le président, invoquant des "vents favorables" à la revendication historique de son pays, avait évoqué des sanctions durcies pour tout projet pétrolier autour de l'archipel. Dans la foulée de ce discours, son gouvernement avait déjà annoncé l'ouverture d'enquêtes concernant 45 personnes physiques ou morales, pour lien présumé avec de tels projets. Cette escalade rhétorique marque un tournant pour Milei, dont la position sur ce dossier était jusqu'ici moins affirmée que celle de ses prédécesseurs, même si la question des Malouines demeure un point sensible dans les relations bilatérales entre Buenos Aires et Londres. ## Les implications économiques et diplomatiques Les réserves pétrolières potentiellement importantes autour des Malouines représentent un enjeu économique majeur pour les deux parties. Pour Londres, qui affirme que les îles "resteront britanniques", ces projets d'exploration constituent une source de revenus et de sécurité énergétique non négligeable. Pour Buenos Aires, ils symbolisent une violation persistante de sa souveraineté territoriale. Les plaintes déposées par l'Argentine pourraient avoir des conséquences sur l'attractivité de la région pour les investisseurs internationaux, qui devront désormais peser les risques juridiques et politiques. La réaction du Royaume-Uni à ces nouvelles procédures reste à observer, mais la position britannique n'a pas varié depuis le référendum de 2013, où les habitants de l'archipel avaient voté à 99,8 % pour rester britanniques. Le différend, qui a connu son point culminant avec la guerre de 1982, semble ainsi s'inscrire dans une nouvelle phase de tensions, où les instruments juridiques et économiques prennent le pas sur la confrontation militaire.