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Budget : pourquoi le crédit d’impôt emploi à domicile pourrait revenir dans le viseur du gouvernement

Une · · Par Claire BERNARD

Budget : pourquoi le crédit d’impôt emploi à domicile pourrait revenir dans le viseur du gouvernement

Alors que le gouvernement finalise ses arbitrages budgétaires pour la fin de l'année, la question des « dépenses fiscales » refait surface dans les discussions

Alors que le gouvernement finalise ses arbitrages budgétaires pour la fin de l'année, la question des « dépenses fiscales » refait surface dans les discussions entre Bercy et Matignon. Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, le crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile, dont le coût a atteint 6,8 milliards d'euros en 2025, figurerait parmi les dispositifs susceptibles d'être rabotés. Cette niche fiscale, qui bénéficie à près de 5 millions de foyers français, pourrait ainsi devenir une cible privilégiée dans la recherche d'économies budgétaires. ### Une pression accrue sur les niches fiscales D'après une circulaire préparant l'élaboration du prochain texte budgétaire, l'administration du ministère de l'Économie aurait demandé à ses homologues de « renforcer l'évaluation des dépenses fiscales existantes ». L'objectif affiché serait de « réduire leur nombre et leur coût dans une logique de simplification et d'efficience ». Cette directive s'inscrit dans un contexte où la trajectoire des finances publiques impose des choix structurants, chaque ministère étant invité à proposer des « évolutions de la fiscalité », notamment la suppression ou la réduction de certains avantages. Le crédit d'impôt emploi à domicile apparaît comme un candidat naturel à cet exercice. En effet, son coût budgétaire a quasiment doublé en dix ans, passant de 3,5 milliards d'euros en 2015 à 6,8 milliards d'euros en 2025, selon les données citées par la publication. Cette progression rapide s'explique notamment par l'élargissement des services éligibles et par une utilisation croissante du dispositif par les ménages, tous revenus confondus. ### Un dispositif populaire mais coûteux Le crédit d'impôt bénéficie à tous les ménages qui engagent des dépenses au titre des services à la personne, qu'il s'agisse de garde d'enfants, d'assistance aux personnes âgées ou de tâches ménagères. Cette universalité constitue à la fois sa force politique et sa faiblesse budgétaire. Selon des sources concordantes, les discussions en cours au sein de l'exécutif porteraient sur un possible ciblage du dispositif, par exemple en fonction des revenus ou en plafonnant davantage les dépenses éligibles. Toutefois, toute modification de ce crédit d'impôt soulève des questions sociales et économiques sensibles. Le secteur des services à la personne représente un gisement d'emplois non délocalisables, souvent occupés par des travailleurs faiblement qualifiés. Une réduction trop brutale de l'avantage fiscal pourrait, selon certains économistes, fragiliser un écosystème déjà confronté à des tensions de recrutement et à une demande croissante liée au vieillissement de la population. ### Des arbitrages délicats à venir Les allers-retours entre le « paquebot » et Matignon, évoqués par *Le Figaro*, témoignent de la complexité des négociations en cours. Le gouvernement doit concilier l'impératif de réduction du déficit public avec la préservation de dispositifs perçus comme des acquis sociaux par une large partie de l'opinion. La circulaire ministérielle, tout en appelant à des propositions de réduction, ne précise pas le calendrier ni l'ampleur des mesures envisagées. Par ailleurs, le précédent des réformes passées montre que les ajustements de niches fiscales suscitent systématiquement des mobilisations des secteurs concernés. Les organisations professionnelles des services à la personne ont d'ores et déjà fait part de leurs inquiétudes quant à un éventuel désengagement de l'État, qui pourrait se traduire par une hausse des tarifs pour les particuliers employeurs ou par une précarisation accrue des salariés du secteur. ### Un enjeu de cohérence budgétaire Au-delà du seul crédit d'impôt emploi à domicile, c'est l'ensemble de la politique de dépenses fiscales qui se trouve questionné. La circulaire de Bercy s'inscrit dans une démarche plus large de rationalisation, visant à évaluer l'efficacité de chaque dispositif au regard de ses objectifs initiaux. Dans cette optique, le gouvernement pourrait être amené à arbitrer entre le maintien d'un avantage fiscal large et peu ciblé et une refonte plus restrictive, recentrée sur les ménages les plus modestes ou sur les services jugés prioritaires. Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si ce crédit d'impôt, symbole d'un modèle français de soutien à l'emploi à domicile, conservera son périmètre actuel ou subira des ajustements significatifs. Les annonces budgétaires attendues à l'automne permettront de mesurer la portée réelle des intentions exprimées dans la circulaire et de jauger la capacité du gouvernement à concilier rigueur budgétaire et acceptabilité sociale.