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Budget 2027 : la chasse aux niches fiscales est ouverte

Une · · Par Claire BERNARD

Budget 2027 : la chasse aux niches fiscales est ouverte

Budget 2027 : la chasse aux niches fiscales est ouverte Le gouvernement prépare un vaste chantier pour le budget 2027, avec l'ambition affichée de réduire le dé

Budget 2027 : la chasse aux niches fiscales est ouverte

Le gouvernement prépare un vaste chantier pour le budget 2027, avec l'ambition affichée de réduire le déficit public en s'attaquant à l'un des piliers du système fiscal français : les niches fiscales. Selon des informations rapportées par Le Figaro le 16 juillet 2026, Bercy envisage de réduire significativement le coût de ces « dépenses fiscales », estimé à près de 92 milliards d'euros en 2026, afin de dégager des marges de manœuvre budgétaires. Ce projet, qui s'inscrit dans la continuité des tentatives avortées de l'année précédente, pourrait toucher aussi bien les particuliers que les entreprises.

Un inventaire colossal de 465 niches fiscales

La France compterait actuellement pas moins de 465 niches fiscales, selon les données du ministère de l'Économie. Ce chiffre, qui englobe exonérations, taux réduits, abattements, crédits d'impôt, déductions et réductions d'impôt, représente un coût cumulé en forte progression. D'après des sources gouvernementales, le montant total de ces dépenses fiscales s'est élevé à 92 milliards d'euros en 2026, après 91,8 milliards en 2025 et 89,4 milliards en 2024. Cette augmentation régulière, couplée à la nécessité de redresser des finances publiques sous tension, pousserait l'exécutif à envisager un « sérieux coup de rabot » dans ce domaine. L'objectif serait de réduire le nombre de ces dispositifs tout en ciblant ceux jugés les moins efficaces ou les plus coûteux pour l'État.

Des cibles déjà identifiées lors des précédents débats

Le précédent projet de loi de finances (PLF) avait déjà vu l'exécutif proposer la suppression ou la réduction de plusieurs niches fiscales, sans succès. Selon Le Figaro, les discussions avaient notamment porté sur la réduction d'impôt sur les frais de scolarité et celle sur les carburants d'origine végétale. Des dispositifs plus emblématiques comme le crédit d'impôt recherche (CIR), l'emploi à domicile ou encore le pacte Dutreil avaient également fait l'objet d'âpres négociations. Pour le budget 2027, le gouvernement pourrait remettre ces sujets sur la table, en ciblant particulièrement les niches qui bénéficient aux retraités, comme l'abattement forfaitaire de 10 % sur les pensions de retraite, plafonné à 4 439 euros. Ce dispositif permet aux retraités de payer moins d'impôts, mais son coût global pour les finances publiques serait jugé disproportionné par certains experts.

Un équilibre délicat entre économies et soutien à l'économie

La chasse aux niches fiscales pose la question de l'équilibre entre la nécessaire réduction des dépenses publiques et le maintien d'incitations économiques jugées stratégiques. Le crédit d'impôt recherche, par exemple, est souvent défendu comme un levier essentiel pour l'innovation et la compétitivité des entreprises françaises. De même, les dispositifs liés à l'emploi à domicile ou au pacte Dutreil (transmission d'entreprises) bénéficient d'un large soutien politique et économique. Toute réduction de ces avantages fiscaux pourrait susciter des réactions vives de la part des secteurs concernés, comme cela avait été le cas lors des précédentes tentatives. Le gouvernement devra donc arbitrer entre des objectifs de court terme (réduction du déficit) et des considérations de long terme (maintien de la compétitivité et de l'attractivité).

Perspectives et enjeux pour 2027

Alors que le calendrier budgétaire se précise, le gouvernement semble déterminé à ne pas laisser passer cette fenêtre d'opportunité. La révision des niches fiscales s'inscrit dans une stratégie plus large de redressement des comptes publics, qui pourrait également inclure des hausses d'impôts ciblées ou des coupes dans d'autres dépenses. Toutefois, la faisabilité politique d'un tel projet reste incertaine, tant les niches fiscales sont profondément ancrées dans le tissu économique et social français. La question centrale qui se pose est celle de l'acceptabilité sociale et politique de ces mesures, alors que le pays se prépare à une année électorale décisive. Les débats à venir au sein de l'Assemblée nationale et du Sénat seront donc particulièrement suivis, tant par les contribuables que par les acteurs économiques.