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Budget 2027: "Je ne crois pas un instant, qu'à quelques mois de la présidentielle, on ne vote pas un budget", assure Jean-Hervé Lorenzi, fondateur du Cercle des économistes

Economie · · Par Julie MOREAU

Budget 2027:

Le vote du budget 2027 s’annonce comme l’un des principaux chantiers de la rentrée politique, à quelques mois de l’élection présidentielle. Jean-Hervé Lorenzi,

Le vote du budget 2027 s’annonce comme l’un des principaux chantiers de la rentrée politique, à quelques mois de l’élection présidentielle. Jean-Hervé Lorenzi, fondateur du Cercle des économistes, s’est montré confiant sur l’adoption d’un tel texte, malgré un contexte budgétaire tendu et des débats houleux annoncés. Selon lui, l’hypothèse d’un rejet du budget paraît peu crédible, compte tenu des enjeux politiques et institutionnels. ### Un calendrier politique sous tension Intervenant sur BFM Business, Jean-Hervé Lorenzi a balayé les craintes d’un blocage parlementaire : « Je ne crois pas un instant qu’à quelques mois de la présidentielle, on ne vote pas un budget ». Cette déclaration intervient alors que Sébastien Lecornu a adressé une lettre aux parlementaires, les appelant à adopter un budget pour 2027, sous peine de plonger le pays dans un « désordre » économique et administratif. Le ministre a insisté sur la nécessité de garantir une continuité des services publics et de la gestion financière, alors que les discussions s’annoncent vives. Ce dossier explosif constitue la principale préoccupation de la rentrée politique. Les oppositions, notamment du côté de La France insoumise, ont d’ores et déjà critiqué la trajectoire proposée. Clémence Guetté a ainsi dénoncé un « discours sur la dette utilisé à nouveau comme un prétexte pour justifier des coupes qui porteront sur les services publics ». Un positionnement qui laisse présager des débats nourris, mais qui, selon l’économiste, ne devrait pas empêcher un vote in fine. ### Un équilibre budgétaire sous contraintes Au-delà des postures politiques, les enjeux chiffrés restent considérables. Le projet de loi de finances pour 2027 devra composer avec une dette publique élevée et des marges de manœuvre réduites. Les arbitrages porteront sur des secteurs sensibles comme la protection sociale, l’investissement public ou encore les dépenses de fonctionnement. Jean-Hervé Lorenzi a rappelé que la crédibilité de la France auprès des marchés financiers dépendait de sa capacité à présenter un cadre budgétaire stable, même en période préélectorale. Le contexte économique global ajoute une pression supplémentaire. Les prix du carburant, en hausse, ravivent les inquiétudes sur le pouvoir d’achat, tandis que les tensions géopolitiques, notamment en Ukraine, pèsent sur les prévisions de croissance. Dans ce cadre, le gouvernement cherche à rassurer les partenaires européens et les agences de notation, tout en répondant aux attentes sociales. L’équation s’annonce délicate, mais l’économiste estime que les institutions sauront trouver un compromis. ### Une issue probable, malgré les tensions Si les désaccords politiques restent marqués, plusieurs arguments plaident pour un vote du budget. D’abord, le cadre constitutionnel et la pratique de la Ve République rendent un rejet total peu probable, sauf crise majeure. Ensuite, les acteurs politiques, conscients des conséquences d’une absence de budget, devraient privilégier la responsabilité. Enfin, Jean-Hervé Lorenzi souligne que les précédents historiques montrent une tendance à l’adoption, même dans des configurations conflictuelles. Reste que la fenêtre de tir est étroite. Le calendrier parlementaire, les débats sur la répartition des efforts et les annonces de campagne pourraient compliquer la trajectoire. Mais pour le fondateur du Cercle des économistes, l’issue ne fait guère de doute : la France votera son budget, faute de quoi le pays s’exposerait à une instabilité préjudiciable à tous. Une perspective qui devrait dominer les discussions des prochaines semaines.