Budget 2027: le gouvernement ne proposera pas de "gel" du barème de l'impôt sur le revenu

## Budget 2027 : l'indexation du barème de l'impôt sur le revenu actée, mais l'équation des 30 milliards reste entière Le gouvernement a tranché. Le barème de l
## Budget 2027 : l'indexation du barème de l'impôt sur le revenu actée, mais l'équation des 30 milliards reste entière
Le gouvernement a tranché. Le barème de l'impôt sur le revenu sera bien indexé sur l'inflation dans le budget 2027, a confirmé la porte-parole de l'exécutif, Maud Bregeon, dimanche 12 septembre sur BFMTV. Une décision qui écarte le scénario d'un "gel" du barème, lequel aurait mécaniquement alourdi la facture fiscale de millions de ménages.
## Une promesse d'indexation "complète"
Interrogée lors du Grand Oral sur BFMTV, Maud Bregeon a été catégorique : "Nous proposerons l'indexation du barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation complète, pas en partie. Il est hors de question de geler ce qu'on appelle le barème." La représentante du gouvernement justifie cette position par les conséquences qu'aurait eues un gel : celui-ci aurait généré "mécaniquement une hausse d'impôts pour l'ensemble des Français".
Concrètement, l'indexation du barème consiste à relever les seuils des différentes tranches d'imposition au même rythme que la hausse des prix. Sans cette revalorisation, un contribuable dont le salaire suit simplement l'inflation basculerait dans une tranche supérieure ou verrait son taux d'imposition progresser, sans gain de pouvoir d'achat réel. C'est ce phénomène, dit de "glissement de barème", que l'exécutif entend donc neutraliser.
Cette annonce s'inscrit dans le prolongement d'un engagement formulé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui avait promis qu'il n'y aurait "pas d'impôt nouveau" dans le prochain budget. L'indexation du barème apparaît ainsi comme la traduction technique de cette promesse : ne pas augmenter la pression fiscale sur les ménages.
## Le casse-tête des 30 milliards d'économies
L'annonce ne règle toutefois pas la principale difficulté budgétaire. L'exécutif reste à la recherche de 30 milliards d'euros d'économies pour réduire le déficit public et la dette, selon les éléments rapportés par BFM Business. Renoncer à geler le barème prive donc le gouvernement d'un levier, certes impopulaire, mais budgétairement significatif.
Chaque année, le gel du barème constitue en effet une recette supplémentaire pour l'État, puisqu'il capte une partie de la progression nominale des revenus. Y renoncer revient à assumer un manque à gagner, qu'il faudra compenser par d'autres voies : réduction des dépenses, recherche d'économies structurelles ou arbitrages sur d'autres prélèvements.
Le débat sur la contribution des retraités illustre la tension qui traverse la majorité. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a estimé qu'il ne serait pas "juste" de faire contribuer les retraités percevant 2 000 euros par mois, tout en se déclarant non opposé à une désindexation des pensions pour les 10 % les plus aisés. Une piste parmi d'autres, qui montre combien la recherche d'économies reste politiquement sensible.
## Un calendrier budgétaire sous surveillance
L'indexation du barème devrait donc figurer dans le projet de loi de finances pour 2027. Reste à savoir quelles mesures d'économies viendront équilibrer l'ensemble, et si l'objectif de 30 milliards sera effectivement atteint. Les arbitrages à venir, notamment sur les dépenses publiques et la fiscalité patrimoniale, seront scrutés de près.
Pour les contribuables, la clarification a au moins le mérite de la lisibilité : leur impôt sur le revenu ne progressera pas du seul fait de l'inflation. Pour l'exécutif, l'équation budgétaire, elle, demeure entière.