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Bordeaux, Roubaix, Perpignan... Les maires qui s’augmentent après les élections, une pratique critiquée mais encadrée

Une · · Par Claire BERNARD

Bordeaux, Roubaix, Perpignan... Les maires qui s’augmentent après les élections, une pratique critiquée mais encadrée

Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 ont apporté des changements significatifs pour certains maires en France, notamment à Bordeaux, Roubaix et Perp

Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 ont apporté des changements significatifs pour certains maires en France, notamment à Bordeaux, Roubaix et Perpignan. Dans ces villes, plusieurs élus ont pris la décision d'augmenter leurs indemnités, une initiative qui suscite des réactions mitigées au sein de la population. Selon le Code général des collectivités territoriales, il est stipulé que les indemnités des membres du conseil municipal doivent être définies par délibération lors du renouvellement du conseil. À Bordeaux, le maire Renaissance, Thomas Cazenave, a opté pour un salaire mensuel de 4 082 euros bruts, soit une augmentation de 14 % par rapport à son prédécesseur, Pierre Hurmic, qui était membre d'Europe Écologie Les Verts. De son côté, David Guiraud, le maire insoumis de Roubaix, bénéficie désormais d'une rémunération de 4 876 euros bruts par mois, ce qui représente une hausse de 475 euros par rapport à l'ancien maire de droite, Alexandre Garcin. Ces choix financiers soulèvent des interrogations sur leur légitimité, surtout dans un contexte économique tendu. À Perpignan, le maire du Rassemblement National, Louis Aliot, a annoncé une augmentation de son indemnité à 5 284 euros bruts. Cette décision s'inscrit dans une tendance plus large, où les augmentations semblent transcender les clivages politiques, et la question de l'acceptabilité de telles hausses se pose de plus en plus. Pour une partie de la population, il devient difficile d'accepter que des élus s'octroient de telles augmentations après leur élection. Bien que ces augmentations soient conformes à la législation, elles provoquent des préoccupations. De nombreux citoyens jugent que ces hausses manquent de transparence et de prise en compte des réalités locales. Une habitante de Bordeaux a exprimé son désarroi : « Quand je vois mes impôts, je ne comprends pas pourquoi ces élus s’augmentent. » Les élus concernés justifient souvent ces hausses par des responsabilités croissantes. Cependant, le débat reste vif quant à la nécessité de telles augmentations, surtout dans un contexte marqué par des crises économiques et des tensions sociales. À Roubaix, par exemple, la ville est confrontée à des défis socio-économiques considérables. Dans ce cadre, l'augmentation des indemnités semble déconnectée des réalités vécues par les habitants, incitant plusieurs acteurs locaux à plaider pour un réexamen des priorités des élus. La pression s’accroît sur les maires pour qu'ils expliquent leurs décisions. Les commissions municipales sont désormais sous l'œil vigilant des citoyens. Une adhérente d'un mouvement citoyen a déclaré : « Nous devons être impliqués dans le processus de décision. » Face à cette situation, des initiatives citoyennes émergent pour encadrer ces augmentations. Dans certaines villes, des groupes de citoyens réclament des comptes aux élus et demandent plus de transparence dans la gestion des indemnités. Ces actions révèlent un désir croissant de restaurer un lien de confiance entre les élus et la population, une dynamique qui pourrait prendre de l'ampleur dans les mois à venir. Ainsi, à Bordeaux, des mouvements commencent à se structurer, avec des citoyens qui souhaitent être davantage impliqués dans les décisions qui impactent leur vie quotidienne. Ce phénomène pourrait bien marquer un tournant dans la relation entre les élus et leurs administrés, appelant à une plus grande responsabilité et à un dialogue ouvert sur les enjeux financiers de la gouvernance locale.