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Boeing cède ses activités de taxis volants à la startup Archer en échange d'une participation de 20%

Economie · · Par Julie MOREAU

Boeing cède ses activités de taxis volants à la startup Archer en échange d'une participation de 20%

L’avionneur américain Boeing a officialisé lundi un accord stratégique avec la startup Archer Aviation, lui cédant l’ensemble de ses activités liées aux taxis v

L’avionneur américain Boeing a officialisé lundi un accord stratégique avec la startup Archer Aviation, lui cédant l’ensemble de ses activités liées aux taxis volants et à certaines technologies connexes. En contrepartie, Boeing entrera au capital d’Archer à hauteur de 20 % maximum, une opération qui a été saluée par les investisseurs, le titre Archer progressant de près de 10 % à la mi-journée à la Bourse de New York. Cet accord marque une étape significative dans la consolidation du secteur de la mobilité aérienne urbaine, où la concurrence s’intensifie à l’approche des grands événements internationaux. ### Un transfert d’actifs stratégiques au profit d’Archer Aviation Selon le communiqué conjoint publié par les deux entreprises, Archer Aviation prendra le contrôle de plusieurs entités jusqu’ici détenues par Boeing. Il s’agit notamment de SkyGrid et Wisk, deux sociétés spécialisées dans le développement de technologies de vol autonome, ainsi que d’Insitu, qui conçoit des drones, y compris à usage militaire. Ce périmètre d’activités confère à Archer un portefeuille technologique élargi, couvrant à la fois la navigation autonome, la gestion du trafic aérien et les systèmes de drones. Pour Boeing, cette cession s’inscrit dans une logique de recentrage sur ses activités historiques de construction aéronautique et de défense, tout en conservant un accès privilégié aux innovations développées par Wisk, grâce à une clause de collaboration et de partage de technologies prévue dans l’accord. ### Un pari sur la mobilité aérienne urbaine et les Jeux olympiques de 2028 Archer Aviation affiche des ambitions claires dans le domaine des taxis volants, avec un objectif prioritaire : déployer une offre commerciale à New York, reliant Manhattan aux principaux aéroports de la ville en moins de 15 minutes. La startup vise également une démonstration de ses capacités industrielles à l’occasion des Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. En intégrant les actifs de Boeing, la jeune entreprise espère accélérer le développement de ses appareils et gagner du temps sur un marché encore émergent mais très disputé. Le directeur général d’Archer, Adam Goldstein, a qualifié cette opération de « tournant décisif pour Archer et l’avenir de l’intelligence artificielle physique dans l’aérospatial et la défense », une déclaration rapportée dans le communiqué officiel. ### Une certification en bonne voie et des résultats attendus Sur le plan réglementaire, Archer a indiqué, lors de la présentation de ses résultats en mai dernier, avoir mené à bien la troisième phase de la certification de son taxi aérien Midnight, sur les quatre requises par l’Agence fédérale de l’aviation (FAA). Cette avancée est cruciale pour la mise sur le marché de l’appareil, qui devra répondre à des normes strictes de sécurité et de fiabilité. L’entreprise doit par ailleurs publier ses résultats trimestriels lundi, un rendez-vous très attendu par les analystes pour évaluer l’impact financier de cet accord sur ses comptes. Du côté de Boeing, l’action ne progressait que de 0,30 % à la mi-journée, reflétant une prudence des investisseurs face à la portée stratégique de cette cession. ### Une opération qui redessine le paysage de l’aviation urbaine Au-delà des aspects financiers, cette transaction illustre la recomposition en cours du secteur de la mobilité aérienne urbaine. En confiant ses projets de taxis volants à Archer, Boeing reconnaît implicitement la difficulté de porter seul ces technologies à maturation, tout en conservant un pied dans le secteur grâce à sa participation au capital. Pour Archer, l’apport de technologies matures et de savoir-faire industriels pourrait constituer un avantage concurrentiel décisif face à des rivaux comme Joby Aviation ou Lilium. L’issue de ce partenariat dépendra toutefois de la capacité des deux groupes à intégrer efficacement leurs équipes et leurs outils, ainsi que de l’évolution du cadre réglementaire américain. Les prochains mois seront décisifs pour mesurer la pertinence de ce choix stratégique, alors que la course à la certification et à la commercialisation des taxis volants s’accélère à l’échelle mondiale.