Blocus des lycées : près d’Orléans, des lycéens chantent à la gloire de Mohamed Merah et Salah Abdeslam, le parquet ouvre une enquête

Selon des informations rapportées par Le Figaro, le parquet d'Orléans a ouvert une enquête préliminaire pour « apologie du terrorisme » après la diffusion, sur
Selon des informations rapportées par Le Figaro, le parquet d'Orléans a ouvert une enquête préliminaire pour « apologie du terrorisme » après la diffusion, sur plusieurs réseaux sociaux, d'une vidéo montrant des lycéens de Beaugency (Loiret) entonnant des paroles à la gloire de terroristes islamistes. Les faits, survenus jeudi dernier dans l'enceinte du lycée François-Villon, s'inscrivent dans un contexte de blocus d'établissements scolaires observé ces dernières semaines dans plusieurs académies.
## Une enquête ouverte pour apologie du terrorisme
D'après le cabinet de la procureure de la République d'Orléans, Emmanuelle Bochenek-Puren, l'enquête a été ouverte des chefs d'« apologie du terrorisme » et d'« apologie du terrorisme par un service de communication ». Cette double qualification s'explique par le fait que la scène a été filmée puis diffusée sur différents réseaux sociaux, ce qui pourrait constituer, selon la justice, une circonstance aggravante liée à la publicité donnée aux propos. Aucune interpellation n'a eu lieu à ce stade, précise la même source, ce qui suggère que les investigations n'en sont qu'à leur phase initiale d'identification des participants et des auteurs de la diffusion.
## Des paroles faisant référence aux attentats de Toulouse et du 13-Novembre
Selon les éléments rapportés par Le Figaro, la vidéo montre plusieurs jeunes, décrits comme « surexcités », au cœur du blocus de leur établissement, reprenant un morceau de rap dont les paroles font explicitement référence à Mohamed Merah, auteur des attentats de Toulouse et Montauban en 2012, ainsi qu'à Salah Abdeslam, seul membre survivant des commandos du 13-Novembre 2015. Le texte évoque notamment le Bataclan et la « chasse à l'homme » qui avait suivi les attaques. Ces références, si elles étaient confirmées comme étant bien reprises en connaissance de cause, pourraient constituer le délit d'apologie du terrorisme au sens de l'article 421-2-5 du code pénal.
## Un contexte de tensions autour des blocus lycéens
Cette affaire intervient dans un contexte plus large de mobilisation dans les lycées, où des blocus ont été observés ces dernières semaines, notamment en région Centre-Val de Loire. Ces actions, souvent liées à des revendications sociales ou éducatives, ont parfois donné lieu à des débordements, mais rarement à des faits de cette nature. Le parquet d'Orléans n'a pas souhaité, à ce stade, indiquer si d'autres établissements du département étaient concernés par des signalements similaires. Toutefois, la diffusion virale de la séquence sur les réseaux sociaux pourrait amplifier le retentissement de l'affaire, d'autant plus que le sujet touche à la mémoire des victimes du terrorisme.
## Une réponse judiciaire à confirmer
L'enquête préliminaire devra établir l'identité des lycéens impliqués, leur âge, ainsi que les conditions exactes dans lesquelles les faits se sont produits. La question de la responsabilité pénale des mineurs, s'ils sont concernés, pourrait également se poser. Par ailleurs, la qualification retenue suppose que les enquêteurs démontrent que les propos tenus constituaient bien une apologie, et non une simple reprise de paroles sans conscience de leur portée. Sur ce point, la jurisprudence est venue préciser, ces dernières années, que l'intentionnalité joue un rôle central dans la caractérisation de l'infraction. Le parquet n'a pas précisé de calendrier pour la suite des investigations.