Blocus des lycées : un jeune homme hospitalisé à Tours après des blessures «compatibles» avec un tir de LBD, l’IGPN saisie

Selon les informations rapportées par Le Figaro et l'AFP, un jeune homme a été hospitalisé à Tours après avoir été blessé à la tête lors d'un blocage de lycée,
Selon les informations rapportées par Le Figaro et l'AFP, un jeune homme a été hospitalisé à Tours après avoir été blessé à la tête lors d'un blocage de lycée, dans des circonstances qui pourraient être liées à un tir de LBD. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de l'enquête, a annoncé la procureure de la République, Catherine Sorita-Minard, dans une déclaration publiée sur le réseau social X.
## Trois enquêtes confiées à la police des polices
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué mercredi soir que l'IGPN avait été saisie de trois enquêtes distinctes, dont celle portant sur la blessure du jeune homme à Tours. Les deux autres procédures concernent des faits commis à Sevran, en Seine-Saint-Denis, ainsi qu'à Saint-Ouen-L'Aumône, dans le Val-d'Oise. Selon le ministre, ces saisines s'inscrivent dans le cadre des interventions des forces de l'ordre lors des blocages d'établissements scolaires, qui ont donné lieu à plusieurs incidents.
La procureure de la République de Tours a précisé que les lésions constatées à l'œil de la victime étaient « compatibles avec l'impact d'une balle de défense de type LBD ». La victime, prise en charge médicalement mercredi, « sera entendue ultérieurement », a-t-elle ajouté. L'origine exacte de la blessure demeure toutefois, à ce stade, non formellement confirmée.
## Le ministre invoque une « proportionnalité » des interventions
Interrogé sur ces incidents, Laurent Nuñez a défendu l'action des forces de l'ordre, affirmant qu'elles étaient intervenues « avec beaucoup de proportionnalité ». Il a souligné que les personnes présentes face aux policiers étaient « des mineurs », ce qui, selon lui, justifie un « usage très proportionnel » des « armes intermédiaires », notamment du gaz lacrymogène. Cette déclaration intervient alors que plusieurs organisations, dont des syndicats enseignants et des associations de défense des libertés, ont exprimé leurs inquiétudes quant à l'usage de la force lors de ces rassemblements.
Le recours au LBD (lanceur de balles de défense) fait l'objet d'un suivi particulier depuis plusieurs années. En 2020, le Défenseur des droits avait recommandé un encadrement plus strict de cette arme, jugée susceptible de provoquer des blessures graves, notamment oculaires. Plusieurs rapports d'organismes indépendants ont documenté des cas de traumatismes crâniens et faciaux liés à son utilisation lors de manifestations.
## Un contexte de tensions autour des blocages
Ces incidents surviennent dans un contexte de mobilisation lycéenne contre des réformes éducatives. Les blocages d'établissements, qui se sont multipliés ces dernières semaines, ont conduit à des interventions policières dans plusieurs villes. À Sevran et Saint-Ouen-L'Aumône, les faits ayant motivé la saisine de l'IGPN n'ont pas été détaillés par les autorités. L'IGPN, chargée des enquêtes administratives et judiciaires visant les agents de la police nationale, devra déterminer les circonstances exactes de chaque incident.
Les enquêtes confiées à la police des polices pourraient prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Leurs conclusions seront déterminantes pour établir si l'usage de la force a été conforme aux règles encadrant les interventions. En attendant, la situation du jeune homme hospitalisé à Tours reste suivie de près, alors que les autorités n'ont pas communiqué de pronostic médical.