Blocage des lycées: la famille de l'adolescent éborgné à Tours a porté plainte

## Blocage des lycées : à Tours, la famille d'un adolescent éborgné porte plainte La famille d'un lycéen de 16 ans ayant perdu l'usage de son œil droit lors d'i
## Blocage des lycées : à Tours, la famille d'un adolescent éborgné porte plainte
La famille d'un lycéen de 16 ans ayant perdu l'usage de son œil droit lors d'incidents survenus en marge du blocage d'un établissement à Tours a déposé plainte pour « violences par personne dépositaire de l'autorité publique ». Selon les informations rapportées par Le Figaro, citant l'Agence France-Presse, la plainte a été enregistrée quelques jours après que les proches de l'adolescent, prénommé Maël, ont appris la gravité définitive de ses blessures.
## Des examens médico-légaux accablants
D'après les déclarations de la procureure de la République de Tours, Catherine Sorita-Minard, confirmant des éléments publiés par le quotidien *La Nouvelle République*, les examens médico-légaux réalisés ont conclu que les lésions constatées à l'œil du lycéen étaient « compatibles avec l'impact d'une balle de défense de type LBD ». Cette expertise, rendue publique en milieu de semaine, constitue un élément central du dossier. Le jeune homme, qui avait été hospitalisé après les faits, a perdu l'usage de son œil droit, une conséquence irréversible qui a motivé le dépôt de plainte de la famille.
## Une vidéo largement diffusée et une double enquête
Sur les réseaux sociaux, la vidéo d'un jeune homme assis, la tête ensanglantée, avait été massivement partagée, alimentant une vive émotion. Selon la magistrate, le lycéen et sa mère ont été entendus par les services de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), chargée d'une seconde enquête parallèle à celle ouverte sur les circonstances des violences. Cette saisine de l'IGPN, police des polices, est systématique dès lors qu'est en cause l'usage d'une arme par un fonctionnaire de la force publique. L'enquête se poursuit afin d'établir les responsabilités exactes et le déroulement précis des faits.
## Le contexte tendu des blocages de lycées
Selon la préfecture d'Indre-et-Loire, le jeune homme avait été pris en charge alors que les forces de l'ordre, intervenues avec les pompiers, cherchaient à mettre fin à plusieurs blocages d'établissements scolaires. Ces actions collectives, récurrentes dans le calendrier scolaire, opposent régulièrement lycéens mobilisés et services de l'État, avec un risque d'escalade que les autorités peinent à encadrer. Le cas de Tours illustre la difficulté à concilier maintien de l'ordre et protection des personnes, notamment lorsque des mineurs se trouvent au cœur des tensions.
## Un précédent qui interroge l'usage des armes de défense
L'usage du LBD (lanceur de balles de défense) fait l'objet de débats récurrents en France depuis plusieurs années. Plusieurs rapports d'organismes indépendants ont pointé les risques de blessures graves, voire irréversibles, liés à ce type d'arme, notamment en cas de tir à courte distance ou visant des zones sensibles. Le drame de Tours pourrait relancer les discussions sur l'encadrement de ces équipements et sur la doctrine d'emploi des forces de l'ordre face à des rassemblements de jeunes. Pour l'heure, aucune mise en cause individuelle n'a été officiellement confirmée, et l'instruction devra déterminer si les conditions d'usage de l'arme étaient conformes aux règles en vigueur. La famille, de son côté, attend que la justice fasse toute la lumière sur les responsabilités.