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Blocage des lycées : 1793 gardes à vue en France dont 90% de mineurs

Une · · Par Claire BERNARD

Blocage des lycées : 1793 gardes à vue en France dont 90% de mineurs

## Blocage des lycées : 1793 gardes à vue en France, dont 90 % de mineurs Alors que la situation a dégénéré devant de nombreux lycées de France jeudi, les perma

## Blocage des lycées : 1793 gardes à vue en France, dont 90 % de mineurs Alors que la situation a dégénéré devant de nombreux lycées de France jeudi, les permanences des parquets tournent à plein régime, y compris celles dévolues aux mineurs. Selon des informations rapportées par Le Figaro, on comptait jeudi soir 1 793 gardes à vue à travers le pays, dont 90 % concernent des mineurs. Un chiffre qui témoigne de l'ampleur d'un mouvement de blocage ayant basculé, en quelques jours, dans un registre judiciaire d'une intensité rare. ## Une répartition des infractions en trois volets D'après les éléments relayés par le quotidien, un tiers de ces gardes à vue concerne des atteintes à des personnes dépositaires de l'autorité publique. Un autre tiers relève de participations à des attroupements illicites, tandis que le dernier tiers porte sur des atteintes aux biens. Cette répartition dessine, selon toute vraisemblance, un spectre d'infractions allant de l'affrontement direct avec les forces de l'ordre à des dégradations matérielles, en passant par des rassemblements jugés illégaux par les autorités. La prédominance des mineurs parmi les personnes interpellées constituerait, en effet, un élément central de l'analyse judiciaire en cours. ## La Cour d'appel de Paris en première ligne Le ressort de la Cour d'appel de Paris, qui compte parmi les plus grands tribunaux de France — Paris, Bobigny, Créteil, Évry ou Meaux —, a enregistré 130 gardes à vue et 42 défèrements de mineurs. Bobigny apparaît particulièrement impacté par une situation que les magistrats du ressort qualifient de pré-émeutière. Depuis lundi, la juridiction a enregistré 98 gardes à vue, dont 92 de mineurs, liées à ces événements, ainsi qu'une vingtaine de défèrements. « Cela n'a cessé de monter en puissance toute la semaine puisque nous sommes passés d'une vingtaine de gardes à vue lundi et mardi à 35 mercredi et aujourd'hui (jeudi) 75, dont l'essentiel concerne des mineurs. Et nous n'avons aucun indice d'accalmie », détaille Alexandre de Bosschère, procureur de la République, cité par Le Figaro. ## Une escalade continue depuis lundi La chronologie avancée par le parquet de Bobigny illustre une montée en charge continue : d'une vingtaine d'interpellations en début de semaine, le nombre de gardes à vue a plus que triplé en quatre jours. Cette progression pourrait suggérer un élargissement du mouvement, notamment en direction de publics plus jeunes. Le taux de 90 % de mineurs parmi les personnes placées en garde à vue soulève, par ailleurs, des questions sur le traitement judiciaire réservé à cette population spécifique, entre procédures adaptées et pression sur les services éducatifs et les parquets des mineurs. ## Un dispositif judiciaire sous tension La mobilisation des permanences des parquets, y compris celles dévolues aux mineurs, traduit la charge exceptionnelle pesant sur l'institution judiciaire. Les défèrements, qui désignent la présentation d'une personne interpellée devant le parquet, pourraient s'intensifier dans les prochains jours si la situation ne se stabilise pas. Toutefois, aucune indication officielle ne permet, à ce stade, d'anticiper une décrue des interpellations. Les autorités judiciaires du ressort parisien disent, quant à elles, ne disposer d'aucun signal d'accalmie, ce qui laisse entrevoir une pression durable sur les juridictions concernées.