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BFM Entreprise - Outils RH - Savoir s'entourer à l'heure de l'IA - Mardi 25 août

Economie · · Par Julie MOREAU

BFM Entreprise - Outils RH - Savoir s'entourer à l'heure de l'IA - Mardi 25 août

RH et IA : comment les entreprises repensent leur stratégie d’accompagnement Le mardi 25 août, l’émission BFM Entreprise, présentée par Sandra Gandoin sur BFM B

RH et IA : comment les entreprises repensent leur stratégie d’accompagnement

Le mardi 25 août, l’émission BFM Entreprise, présentée par Sandra Gandoin sur BFM Business, s’est penchée sur une question centrale pour les directions des ressources humaines : comment s’entourer efficacement à l’heure où l’intelligence artificielle transforme les métiers et les organisations. Autour de la table, trois invités ont croisé leurs regards : Dominique Podesta, directrice associée au sein du cabinet de management de transition EIM, Geoffrey Fournier, président de Victoriam RH, et Xavier Dulin, avocat spécialisé en droit social. Pendant près de 25 minutes, ils ont échangé sur les nouveaux équilibres entre compétences humaines et outils technologiques, un sujet qui s’impose comme un enjeu stratégique majeur pour les entreprises françaises.

Un management de transition face à la transformation numérique

Dominique Podesta, représentante d’EIM, cabinet spécialisé dans le management de transition, a souligné l’importance d’un accompagnement ponctuel et expert lors des phases de mutation liées à l’IA. Selon elle, les entreprises ne disposent pas toujours en interne des compétences nécessaires pour piloter des projets complexes de digitalisation des processus RH. Le recours à des managers de transition permettrait de sécuriser ces périodes de changement, en apportant une vision externe et une capacité d’exécution rapide. Cette approche, déjà éprouvée dans les situations de crise ou de restructuration, s’étendrait désormais aux déploiements d’outils intelligents, où l’erreur de cadrage peut s’avérer coûteuse. Le cabinet EIM observe une demande croissante pour des profils hybrides, capables de comprendre à la fois les enjeux techniques et les réalités humaines des organisations.

L’IA au service du recrutement, mais pas sans garde-fous

Geoffrey Fournier, président de Victoriam RH, a pour sa part insisté sur l’évolution des pratiques de recrutement. L’intelligence artificielle, a-t-il expliqué, permet aujourd’hui de présélectionner des candidats, d’analyser des CV à grande échelle ou encore d’évaluer certaines compétences via des tests automatisés. Toutefois, il a mis en garde contre une confiance aveugle dans ces systèmes, qui peuvent reproduire des biais si les données d’apprentissage ne sont pas suffisamment diversifiées. Pour Victoriam RH, l’IA doit rester un outil d’aide à la décision, et non un substitut au jugement humain. Les équipes RH doivent donc être formées à ces technologies, mais aussi à leurs limites, afin de garantir des processus à la fois efficaces et équitables. Cette double compétence, technique et éthique, devient un critère de différenciation pour les cabinets qui souhaitent accompagner leurs clients dans cette transition.

Le droit social à l’épreuve des algorithmes

Xavier Dulin, avocat spécialisé en droit social, a apporté un éclairage juridique indispensable sur ces évolutions. Il a rappelé que l’utilisation de l’IA dans la gestion des ressources humaines soulève des questions légales complexes, notamment en matière de protection des données personnelles, de non-discrimination et de transparence des décisions. La réglementation européenne, avec le règlement général sur la protection des données (RGPD), impose déjà des contraintes strictes, mais les textes devraient encore se renforcer dans les prochaines années. Les entreprises qui déploient des outils d’IA pour évaluer ou recruter des salariés doivent donc s’assurer que leurs pratiques respectent ces cadres, sous peine de contentieux. L’avocat a également évoqué la nécessité d’informer les salariés et les candidats de l’usage de ces technologies, une exigence qui pourrait devenir un standard en matière de dialogue social.

Vers une complémentarité homme-machine assumée

Au fil des échanges, un consensus s’est dessiné : l’IA ne remplacera pas les professionnels des RH, mais elle transformera profondément leur métier. Les tâches répétitives et chronophages pourraient être automatisées, libérant du temps pour des missions à plus forte valeur ajoutée, comme l’accompagnement des managers, le développement des compétences ou la qualité de vie au travail. Les trois intervenants ont toutefois insisté sur un point : cette évolution ne pourra réussir sans une implication forte des directions générales et sans une réflexion en amont sur les besoins réels de l’organisation. La formation continue apparaît comme un levier essentiel pour permettre aux équipes de monter en compétence et d’apprivoiser ces nouveaux outils.

Alors que les entreprises françaises s’interrogent sur leur capacité à attirer et fidéliser les talents, cette émission a mis en lumière une conviction partagée : l’humain reste au cœur du dispositif, et l’IA n’est qu’un moyen, certes puissant, au service de cette ambition. Une certitude, toutefois : les organisations qui sauront combiner agilité technologique et intelligence relationnelle disposeront d’un avantage compétitif certain dans les années à venir.