BFM Crypto, le Club : Actifs numériques, une adoption stable – 08/06

# Actifs numériques : une adoption qui se stabilise, entre sécurité et innovation Le secteur des cryptomonnaies traverse une phase de maturation, marquée par un
# Actifs numériques : une adoption qui se stabilise, entre sécurité et innovation
Le secteur des cryptomonnaies traverse une phase de maturation, marquée par une adoption stable mais non dénuée de défis. Lundi 8 juin, l’émission *BFM Crypto, le Club*, diffusée sur BFM Business et animée par Sandra Gandoin, a réuni Charles Guillemet, directeur technique (CTO) de Ledger, et Nathalie Janson, économiste et professeure à la Neoma Business School, également présidente de Génération Libre. Au programme : la sécurisation des actifs numériques, les perspectives du secteur, et l’impact de l’intelligence artificielle (IA) et de l’informatique quantique sur l’écosystème crypto.
## La sécurisation des actifs numériques, un enjeu prioritaire
### Un défi technique et réglementaire
Charles Guillemet, figure clé de Ledger, entreprise spécialisée dans les portefeuilles matériels (hardware wallets), a mis en lumière les risques persistants liés à la conservation des cryptomonnaies. Selon lui, la sécurisation des actifs numériques reste le principal obstacle à une adoption de masse. Les piratages de plateformes d’échange et les escroqueries, qui ont coûté des milliards de dollars aux investisseurs ces dernières années, illustrent l’urgence de solutions robustes. Ledger, basée à Paris, a développé des dispositifs de stockage « à froid » (cold storage) qui isolent les clés privées des connexions internet, réduisant ainsi les vulnérabilités. Cependant, Guillemet a souligné que même ces solutions ne sont pas infaillibles face à des attaques sophistiquées, notamment celles exploitant les failles humaines (phishing, ingénierie sociale). Nathalie Janson a renchéri en évoquant la nécessité d’un cadre réglementaire harmonisé, comme le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets), qui vise à imposer des normes de sécurité minimales aux prestataires de services. Elle a estimé que l’adoption stable des cryptos dépendra en grande partie de la confiance des utilisateurs, elle-même conditionnée par des garanties techniques et juridiques crédibles.
### L’avenir du secteur face aux menaces émergentes
Les intervenants ont également abordé les implications de l’intelligence artificielle et de l’informatique quantique. Charles Guillemet a averti que l’IA pourrait être utilisée par des acteurs malveillants pour automatiser des attaques de grande ampleur, tandis que l’informatique quantique, si elle devenait opérationnelle à grande échelle, menacerait les algorithmes de chiffrement actuels, y compris ceux utilisés par les blockchains. Nathalie Janson a tempéré ces craintes en rappelant que la recherche en cryptographie post-quantique progresse, et que l’industrie crypto a déjà montré sa capacité d’adaptation face aux innovations technologiques. Elle a cité l’exemple des « smart contracts » et des applications décentralisées (dApps), qui évoluent constamment pour intégrer de nouvelles normes de sécurité.
## Un contexte d’adoption stable, mais contrasté
### Des signaux positifs dans le paysage français
L’émission a également fait écho à des épisodes précédents de *BFM Crypto, le Club*, comme celui du 26 mai, où l’obtention de l’agrément MiCA par Qwarks en France a été saluée comme une avancée réglementaire. Le même jour, la hausse du nombre de cryptos dans les patrimoines des Français a été documentée, confirmant une tendance à la diversification des placements. Cependant, Nathalie Janson a nuancé ce tableau : selon elle, l’adoption stable ne signifie pas une démocratisation complète. Les investisseurs individuels restent majoritairement des profils avertis, tandis que les institutions financières traditionnelles (banques, assurances) adoptent une approche prudente, freinées par les incertitudes fiscales et réglementaires. Le podcast du 28 mai, consacré aux questions des auditeurs, avait déjà illustré ces préoccupations : différence entre ETN et ETF, frais d’achat, ou encore la possibilité d’acheter des cryptos via ChatGPT, un sujet qui témoigne de l’intérêt croissant pour les outils d’IA dans la gestion de portefeuille.
### Les défis de la fiscalité et de la violence
L’émission du 26 mai avait également abordé les déclarations fiscales et les cas de violence liés aux cryptos depuis le début de l’année. Ce dernier point, bien que marginal, rappelle que l’anonymat relatif des transactions peut faciliter des activités illicites, un argument souvent utilisé par les régulateurs pour justifier un encadrement strict. Maxime Heuze, journaliste à *La Tribune*, et Marc Lécorché, président de Qwarks, avaient alors souligné que la transparence des blockchains publiques, couplée à des outils d’analyse forensique, permettait de tracer une partie de ces flux, mais que la lutte contre la criminalité financière restait un chantier en cours.
## Perspectives : entre innovation et régulation
L’avenir du secteur des actifs numériques semble s’écrire sous le signe d’une adoption stable, mais non linéaire. Les avancées technologiques, comme les portefeuilles froids de Ledger ou les cadres réglementaires tels que MiCA, offrent des garde-fous indispensables. Cependant, les menaces posées par l’IA et le quantique, bien que lointaines, pourraient redéfinir les règles du jeu à moyen terme. Nathalie Janson a conclu en insistant sur l’importance d’une éducation financière des investisseurs, seule à même de garantir une adoption durable et éclairée. Les prochains épisodes de *BFM Crypto, le Club* devraient permettre de suivre ces évolutions, entre innovations techniques et décisions politiques.