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Bertille Bayart : « Le prochain président va créer, au grand minimum, 600 milliards d’euros de dette »

Une · · Par Claire BERNARD

Bertille Bayart : « Le prochain président va créer, au grand minimum, 600 milliards d’euros de dette »

## La dette publique, angle mort du débat budgétaire français Dans une chronique publiée le 15 septembre 2026 dans les colonnes du Figaro, la journaliste économ

## La dette publique, angle mort du débat budgétaire français Dans une chronique publiée le 15 septembre 2026 dans les colonnes du Figaro, la journaliste économique Bertille Bayart avance une estimation qui pourrait peser sur l'ensemble du débat politique à venir : selon elle, le prochain président de la République devra créer, « au grand minimum », 600 milliards d'euros de dette supplémentaire au cours de son mandat. Cette projection s'appuie sur une observation documentée par la chroniqueuse : depuis près de trois ans, le débat budgétaire français, qualifié de « permanent et névrotique », produit un résultat d'une « remarquable stabilité », avec un déficit public accroché à 5 % du PIB ou davantage. Une dynamique que l'objectif gouvernemental de 2026 ne semble plus en mesure d'enrayer. ## Un objectif de 5 % déjà enterré Selon les propos rapportés par Bertille Bayart, le ministre de l'Économie Roland Lescure a lui-même reconnu, vendredi, que l'objectif de 5 % de déficit public en 2026 n'était « plus une option ». Une déclaration qui, d'après la chroniqueuse, ne surprend guère mais laisse un sentiment de consternation, tant ce seuil apparaissait atteignable. La situation ne devrait pas s'améliorer pour 2027. D'après l'analyse du Figaro, si le gouvernement de Sébastien Lecornu inscrit ce chiffre dans le projet de loi de finances attendu dans les prochains jours, cela relèverait déjà d'un « exploit » politique. Quant à son respect effectif au cours d'une année 2027 « coupée en deux » par les échéances électorales, il semblerait, selon la journaliste, relever de l'inespéré. ## Une prévision de croissance jugée optimiste Au cœur de cette équation budgétaire figure également l'hypothèse de croissance retenue par l'exécutif. Bertille Bayart qualifie de « très, très optimiste » la prévision de 1 % pour l'année 2027, sur laquelle le gouvernement actuel construit sa copie budgétaire. Cette évaluation rejoint les inquiétudes exprimées à plusieurs reprises par des économistes quant à la soutenabilité des finances publiques françaises. En effet, une croissance plus faible que prévu réduirait mécaniquement les recettes fiscales, creusant davantage un déficit déjà éloigné des critères européens fixés à 3 % du PIB. ## Un quinquennat sous contrainte La chronique souligne que le prochain quinquennat sera « plombé par la dynamique de la dette et des taux ». Cette formulation renvoie à une réalité documentée : la charge de la dette, alimentée par la remontée des taux d'intérêt observée depuis 2022, pèse de plus en plus lourd dans le budget de l'État, réduisant d'autant les marges de manœuvre disponibles pour d'autres politiques publiques. Le contexte politique ajoute une difficulté supplémentaire. La mention d'une année 2027 « coupée en deux » par les échéances électorales suggère que le gouvernement en place devra gérer les affaires courantes tout en préparant une transition institutionnelle majeure, période traditionnellement peu propice aux arbitrages budgétaires difficiles. ## Une trajectoire qui interroge Les 600 milliards d'euros évoqués par Bertille Bayart ne constituent pas une prévision officielle mais une estimation journalistique fondée sur la trajectoire actuelle des finances publiques. Toutefois, elle illustre une préoccupation croissante : celle d'une dette dont la dynamique semble échapper aux instruments classiques de contrôle budgétaire. Reste à savoir si cette question s'imposera comme un thème central de la campagne présidentielle à venir, ou si elle demeurera, comme le suggère la chroniqueuse, l'angle mort d'un débat budgétaire davantage marqué par l'instabilité politique que par la recherche de solutions structurelles.