Onyx Infos

"Bâtir une Corée du Sud face à laquelle personne ne pourra rivaliser": le gouvernement présente un grand plan technologique, avec notamment un alunissage en 2030 et un processeur quantique

Economie · · Par Julie MOREAU

La Corée du Sud a dévoilé ce mercredi un plan technologique d’envergure nationale, baptisé « Seven Major Seed », visant à asseoir sa domination sur les secteurs

La Corée du Sud a dévoilé ce mercredi un plan technologique d’envergure nationale, baptisé « Seven Major Seed », visant à asseoir sa domination sur les secteurs émergents. Porté par le président Lee Jae Myung, ce programme fixe des objectifs chiffrés et datés, parmi lesquels un premier alunissage en 2030 et le développement d’un processeur quantique national de 100 qubits d’ici 2029. Une stratégie qui intervient dans un contexte de concurrence mondiale accrue, notamment avec la France sur le terrain quantique. ### Un programme structuré autour de sept projets de haute technologie Le plan « Seven Major Seed » repose sur sept axes jugés prioritaires par l’exécutif sud-coréen. « Les sept projets SEED dont nous discutons aujourd’hui deviendront les moteurs de croissance de la prochaine génération et des atouts stratégiques nationaux essentiels », a déclaré le président Lee Jae Myung lors de l’annonce, selon des propos rapportés par BFM Business. Cette initiative s’appuie sur les succès récents du pays dans l’intelligence artificielle et les semi-conducteurs, secteurs qui ont dopé la croissance nationale et conforté sa position parmi les leaders technologiques mondiaux. Le gouvernement entend ainsi diversifier ses forces pour ne pas dépendre d’un seul domaine, tout en préparant les relais de croissance des prochaines décennies. Les sept projets couvrent des champs aussi variés que l’espace, l’énergie, les biotechnologies ou encore les minerais critiques, avec des enveloppes budgétaires dédiées. ### L’espace comme vitrine : alunissage en 2030 et réseau satellite autonome Le volet spatial constitue l’un des piliers les plus spectaculaires du programme. La Corée du Sud ambitionne ainsi de réussir un premier alunissage d’ici 2030, une échéance qui serait suivie d’une seconde mission en 2032. Au-delà de ces exploits techniques, le plan prévoit, à l’horizon 2035, la construction d’un réseau indépendant de communications par satellite et le développement de technologies liées aux centres de données spatiaux. Ces objectifs, s’ils étaient atteints, permettraient au pays de réduire sa dépendance vis-à-vis des infrastructures étrangères et de sécuriser ses capacités de transmission de données à l’échelle planétaire. Le calendrier annoncé est ambitieux, mais il s’inscrit dans une logique de long terme où chaque étape conditionne la suivante. Aucun détail supplémentaire n’a toutefois été fourni sur les lanceurs, les partenariats industriels ou le financement précis de ces missions lunaires. ### Le quantique : un processeur national de 100 qubits visé d’ici 2029 Sur le front des technologies quantiques, la Corée du Sud affiche des objectifs tout aussi précis. Le gouvernement souhaite développer, d’ici 2029, un processeur quantique national de 100 qubits avec correction d’erreurs, une prouesse technique qui n’a pour l’instant été réalisée par aucun acteur industriel à cette échelle. L’ambition affichée est de devenir le premier pays au monde dans la fabrication de puces quantiques d’ici 2035. Ce calendrier place Séoul en concurrence directe avec d’autres nations, dont la France, qui a également ciblé ce domaine. La Cour des comptes française a toutefois estimé, dans un récent rapport, que la rallonge d’un milliard d’euros accordée au programme hexagonal n’était pas suffisante pour tenir la cadence. Cette comparaison souligne l’écart potentiel de moyens et de volonté politique entre les deux pays sur ce segment stratégique. ### Énergie, biotechnologies et minerais critiques : un plan global de 6 milliards d’euros Le plan sud-coréen ne se limite pas aux secteurs spatial et quantique. Le volet énergétique prévoit une accélération de la transition vers les renouvelables, avec le développement de cellules solaires ultra-efficaces, de technologies éoliennes offshore et la mise en place d’un réseau électrique piloté par l’IA. Par ailleurs, des mesures concernant les biotechnologies et le traitement des minerais critiques ont été évoquées, pour un montant total dépassant 6 milliards d’euros. Ces investissements visent à sécuriser les chaînes d’approvisionnement nationales et à réduire la dépendance extérieure sur des ressources stratégiques. Le programme, dans son ensemble, se veut donc transversal, couvrant à la fois les infrastructures physiques, les technologies de rupture et les matières premières indispensables à leur déploiement. Ce plan constitue une feuille de route claire pour la décennie à venir. Reste à savoir si les moyens financiers, humains et industriels suivront pour transformer ces ambitions en réalisations concrètes. La Corée du Sud, forte de ses succès passés dans les semi-conducteurs, semble toutefois déterminée à jouer un rôle de premier plan dans la compétition technologique mondiale, avec des échéances précises et des objectifs mesurables.