«Bataclan, je l’ai shooté à l’œil» : le rappeur BORO700, dont l’une des chansons a été scandée lors d’un blocus lycéen, sera jugé pour apologie du terrorisme

## Un rappeur niçois rattrapé par ses propres rimes Le parquet a décidé de poursuivre BORO700 pour apologie du terrorisme, selon les informations rapportées par
## Un rappeur niçois rattrapé par ses propres rimes
Le parquet a décidé de poursuivre BORO700 pour apologie du terrorisme, selon les informations rapportées par Le Figaro dans son édition du 8 octobre 2026. L'artiste, dont l'un des titres a été repris en marge d'un blocus lycéen, se retrouve au cœur d'une procédure judiciaire qui illustre la porosité croissante entre contenus musicaux diffusés en ligne et espace public scolaire.
## Un clip aux références explicites
Publié le 21 août dernier sur YouTube, le morceau intitulé «M*R*H*» — pour Mohamed Merah — cumule à ce jour environ 150 000 vues, d'après les données consultées sur la plateforme. L'artiste y apparaît cagoulé, dans une mise en scène où l'on distinguerait notamment le tribunal de Bobigny ainsi qu'une tour HLM en flammes. Le refrain, cité par Le Figaro, évoque directement l'attentat du Bataclan et le nom de Salah Abdeslam, tout en glorifiant Mohamed Merah, auteur des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012. Selon le quotidien, le titre a depuis été retiré de la plupart des plateformes de streaming, notamment Deezer et Spotify, mais resterait accessible sur YouTube.
## Une mobilisation politique et judiciaire précoce
Dès le 3 août, le député-maire UDR de Nice Éric Ciotti avait signalé le morceau à la justice, rapporte Le Figaro. Cette saisine intervient dans un contexte où plusieurs élus ont, ces dernières années, multiplié les signalements de contenus rap jugés problématiques. La procédure pour apologie du terrorisme, délit passible de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende selon le code pénal, pourrait toutefois se heurter à la question de l'intention artistique, un point régulièrement débattu dans ce type de dossiers.
## Des rimes reprises hors les murs
Le fait marquant réside dans la diffusion du titre au sein d'un blocus lycéen, selon Le Figaro. Cette reprise en milieu scolaire soulève des interrogations sur la circulation des contenus violents parmi les publics jeunes, d'autant plus que le morceau mêle, toujours selon le quotidien, insultes et menaces de mort. Les autorités éducatives n'ont pas communiqué, à ce stade, sur d'éventuelles mesures disciplinaires liées à ces faits.
## Un précédent juridique à surveiller
L'affaire BORO700 s'inscrit dans une série de procédures visant des artistes de rap pour des paroles jugées apologétiques. La jurisprudence reste toutefois hétérogène, les tribunaux distinguant souvent la provocation délibérée de la création artistique. Le jugement à venir pourrait ainsi préciser les contours de cette frontière, à l'heure où les plateformes peinent encore à modérer efficacement les contenus signalés.