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Banque de France : pour Emmanuel Moulin, l’ombre embarrassante de Macron

Une · · Par Sophie DURAND

Banque de France : pour Emmanuel Moulin, l’ombre embarrassante de Macron

Banque de France : la nomination d’Emmanuel Moulin sous le spectre de l’Élysée La nomination d’Emmanuel Moulin au poste de gouverneur de la Banque de France s’a

Banque de France : la nomination d’Emmanuel Moulin sous le spectre de l’Élysée

La nomination d’Emmanuel Moulin au poste de gouverneur de la Banque de France s’annonce comme l’un des tests politiques les plus délicats de la fin de quinquennat. L’ancien secrétaire général de l’Élysée est auditionné ce mercredi par les commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat, avant un vote à bulletins secrets qui pourrait faire basculer sa carrière.

Selon les informations du Figaro, relayées par le journaliste Louis Hausalter, Emmanuel Moulin doit se présenter dès 9 heures devant les sénateurs, puis à 11 heures devant les députés. Un agenda serré pour celui qui fut l’un des plus proches collaborateurs d’Emmanuel Macron à la présidence de la République.

Une procédure de validation peu fréquente

Cette nomination est soumise à l’article 13 de la Constitution, qui permet aux parlementaires de bloquer une nomination présidentielle. Concrètement, la candidature d’Emmanuel Moulin serait rejetée si trois cinquièmes des suffrages exprimés dans l’ensemble des deux commissions se prononcent contre lui.

Depuis la réforme de 2008 instaurée sous Nicolas Sarkozy, une seule nomination a été empêchée par cette procédure : celle de Boris Ravignon, maire de Charleville-Mézières, qu’Emmanuel Macron avait voulu placer à la tête de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) en 2023.

Le poids de la dissolution de 2024

Mais le contexte politique a profondément changé depuis. La dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 aurait, selon Le Figaro, rebattu les cartes et pourrait compliquer le parcours de l’ancien secrétaire général de l’Élysée. Les équilibres parlementaires sont désormais plus fragiles, et l’étiquette de proche du président pourrait peser lourd dans la balance.

Emmanuel Moulin, qui a dirigé le cabinet du ministre de l’Économie avant de rejoindre l’Élysée, est un technicien reconnu de la chose publique. Mais son parcours au plus près du pouvoir exécutif suscite des interrogations, notamment sur son indépendance vis-à-vis de l’exécutif.

Un poste clé pour la politique monétaire

Le poste de gouverneur de la Banque de France n’est pas anodin. La Banque de France participe à la définition de la politique monétaire dans la zone euro et joue un rôle central en matière de régulation financière. Elle est également chargée de la surveillance des banques et de la stabilité du système financier français.

Les auditions de ce mercredi devraient permettre aux parlementaires de sonder la vision d’Emmanuel Moulin sur ces enjeux, mais aussi de mesurer sa capacité à s’affranchir de l’ombre tutélaire de l’Élysée. Les questions porteront sans doute sur son indépendance, sa conception du rôle de la Banque de France dans le contexte économique actuel, et sa capacité à résister aux pressions politiques.

Un vote à suspense

Le vote à bulletins secrets, prévu dans la foulée des auditions, laisse planer une incertitude réelle. Si les oppositions pourraient tenter de faire barrage à une figure aussi proche du président, la majorité relative et les groupes centristes devraient, selon les observateurs, soutenir la nomination.

Reste que les précédents récents, notamment le rejet de Boris Ravignon, montrent que la procédure n’est pas une simple formalité. Le sort d’Emmanuel Moulin dépendra de sa capacité à convaincre au-delà de son camp politique, dans un hémicycle où les équilibres sont plus que jamais instables.